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[Edito] La santé mentale, un enjeu sous-estimé

Les chiffres sont alarmants. Selon la Commission européenne, avant même la crise sanitaire, près de 84 millions de personnes étaient déjà touchées par une détérioration de leur santé mentale au travail. Un chiffre qui n’a cessé depuis d’augmenter du fait de crises successives, entraînant une augmentation des cas de dépression, voire de burnout et de suicides dans les situations les plus graves.

Dans ce contexte, l’absentéisme n’a jamais été aussi élevé en France… En 2022, la moitié des salariés français était concernée, en augmentation de 11 % par rapport à 2021 et de 30 % par rapport à 2019… Toutes les générations sont également touchées, notamment les moins de 45 ans (+ 34 %). Une tendance qui devrait s’aggraver du fait du vieillissement de la population et d’un départ à la retraite plus tardif. 

Tout ceci a un coût… qui concerne autant les systèmes de santé et les programmes de sécurité sociale, que la baisse de l’emploi et la productivité des travailleurs. Son montant ? Plus de 4 % du PIB dans l’ensemble des pays de l’UE, soit plus de 600 milliards d’euros par an.

Le sujet est donc à prendre à bras le corps, comme vient de l’annoncer la Commission européenne (1,23 milliard d’euros alloué de financement), dont l’action s’articulera autour de trois principes : la prévention, l’accès à des soins et traitements, et la réintégration dans la société après la guérison.

Les entreprises également doivent agir et prendre les mesures adéquates pour soutenir la santé mentale de leurs collaborateurs, tout en leur garantissant un environnement et une organisation du travail sécurisants.

C’est aussi pourquoi, à l’occasion de son premier anniversaire, le collectif MentalTech (solutions numériques de prévention et de prise en charge de la santé psychique) vient de dévoiler la toute première charte d’engagements déontologiques et éthiques en e-santé mentale. Elle compte déjà 100 signataires autour de trois items : construire la « Numericovigilance » des outils numériques en santé mentale (à l’instar de la pharmacovigilance) ; réguler l’IA pour protéger des risques psychologiques et garantir la conception et le déploiement éthiques des solutions d’e-santé mentale.

« Le contexte l’exige à trois égards, rappelle David Labrosse, CEO de Tricky et actuel président de l’association MentalTech : l’augmentation des troubles, l’affaiblissement de l’offre médicale, et la course effrénée, et parfois déresponsabilisée, à l’innovation technologique. » L’idée est que l’entreprise soit plus attentive aux effets secondaires et aux mésusages des applications digitales… A savoir que les intérêts des utilisateurs doivent être reconnus prioritaires dans chaque étape ! 


Cet édito est issu de notre newsletter de la semaine du 26 au 30 juin 2023, à découvrir dès maintenant : https://alliancy.fr/newsletter30juin

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