Le Crédit Agricole explore l’informatique quantique au service des algorithmes

L’informatique quantique n’est plus de la science-fiction. La banque d’investissement du groupe Crédit Agricole s’associe à deux pépites du secteur, Pasqal et Multiverse Computing, pour améliorer ses algorithmes pour la finance et la gestion des risques.

processeur-quantique-Pasqal L’informatique quantique n’est plus une lointaine perspective, comme cela était le cas des années auparavant. Celle-ci, au même titre par exemple que l’intelligence artificielle, se destine à être une des grandes révolutions technologiques. Et la France entend bien trouver sa place dans son développement et ses usages.

En début d’année, le président Macron dévoilait un plan de soutien à la recherche quantique financé à hauteur d’1,8 milliard d’euros. Le pays compte en outre déjà plusieurs pépites de l’informatique quantique, dont la startup Pasqal. En juin, cette dernière levait ainsi 25 millions d’euros.

Des nouvelles améliorations pour la finance

Mais la jeune pousse peut à présent aussi compter avec un grand partenaire du secteur de la finance, Crédit Agricole CIB. La banque d’investissement et de financement du groupe bancaire a officialisé un partenariat avec Pasqal et l’espagnol Multiverse Computing.

L’entreprise fondée en 2019 se spécialise dans les applications de l’informatique quantique dans l’univers de la finance. Ses outils logiciels permettent en particulier d’exécuter des algorithmes à la fois sur des systèmes quantiques et IT traditionnels.

Ces usages intéressent notamment le Crédit Agricole CIB. Le secteur de la banque investit de manière significative dans le développement de l’intelligence artificielle et la conception d’algorithmes. Ses usages portent, par exemple, sur la prévision des risques et la détection de fraude.

L’informatique quantique pourrait à terme accroître encore la puissance de ces algorithmes. La « physique quantique apporterait de nouvelles améliorations dans la résolution numérique de problèmes quantitatifs en finance », souligne la filiale du Crédit Agricole.

En partenariat avec Pasqal et Multiverse Computing, elle entend donc mener des expérimentations dans des environnements hybrides. La banque souhaite ainsi concevoir de nouvelles approches combinant informatiques traditionnelle et quantique.

Des algorithmes en environnements hybrides

L’objectif est de parvenir, grâce à cette association, à une l’amélioration d’algorithmes dans les domaines des marchés de capitaux et de la gestion des risques. « De nombreuses compétences différentes seront réunies : banquiers, physiciens, mathématiciens, informaticiens, architectes informatiques », précise Ali El Hamidi, sponsor du projet au sein de Crédit Agricole CIB.

« À notre connaissance, c’est la première fois que tous les intervenants, développeurs de logiciels, fournisseurs de matériel et utilisateurs finaux travaillent ensemble sur ce type de problématique », réagit Georges-Olivier Reymond, directeur général de Pasqal.

La banque française n’est cependant pas la première à lancer des initiatives dans le domaine de l’informatique quantique. Un an plus tôt, c’est l’espagnol BBVA qui mettait sur pied une équipe d’experts. Leur mission : tester les apports du calcul quantique et concevoir des algorithmes métier.

Comme le Crédit Agricole, BBVA a su s’entourer de partenaires, dont les startups Zapara et Multiverse Computing, mais aussi des géants mondiaux comme Fujitsu et Accenture. D’autres groupes bancaires sont eux aussi engagés dans la course à l’informatique quantique, parmi lesquels ABN-Amro, CaixaBank et Standard Chartered.


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