Retour sur le dîner de la rédaction : comment les DSI s’emparent-ils des nouveaux indicateurs essentiels de 2019 ?

Ce sont les acteurs clés en charge de la métamorphose de leurs entreprises ! Les DSI sont au carrefour de toutes les dynamiques qui animent la transformation numérique. Cette mission complexe nécessite une redéfinition constante et en profondeur de leur rôle, de leur relation avec les métiers et utilisateurs comme leur posture vis-à-vis du Comex… L’agilité est le fer de lance des DSI, une méthode qui facilite la construction d’une culture numérique d’entreprise propre et remet l’Humain au centre de toutes les préoccupations et systèmes. Au-delà du discours, comment se traduit cette réalité au quotidien pour le DSI ? Pour mettre en œuvre et affirmer ces changements, celui qui a été pendant longtemps l’acteur-clé du support et l’incarnation du « centre de coûts » doit revoir profondément son leadership au sein de l’organisation et trouver les bons KPI pour parler aux directions.

Photos : Guillaume Ombreux

« Alliancy est un média qui porte l’ambition de décrypter l’impact du numérique sur les organisations et de vous faire profiter de l’expérience des uns et des autres. Il y a deux mondes qui ont besoin de collaborer pour accélérer cette transformation : les utilisateurs et les acteurs de l’offre » a précisé en introduction Sylvain Fievet, directeur de publication d’Alliancy.

Il était accompagné de Catherine Moal, rédactrice en chef du média, qui s’est exprimée sur le thème de ce dîner : « Les contours du rôle du DSI ont toujours été flous ces dernières années. C’est un rôle mouvant depuis six ans. Au départ, avec l’arrivée des CDO, on annonçait la mort de ce métier, mais il revient en force ces dernières années car l’entreprise a besoin d’un socle technique de plus en plus pertinent. »

Lionel Chaine, Directeur des systèmes d’information de la Branche Services Courrier Colis de La Poste

« Nos enjeux DSI sont très orientés métiers : on développe de nombreux services innovants pour nos facteurs. Par exemple Veiller sur mes parents, ou Recygo. Nous avons actuellement environ 80 nouveaux services qui sont incubés presque comme des startups par notre métier des nouveaux services. C’est une DSI en profonde transformation depuis trois ans avec des technologies nouvelles qui ont nécessité de développer de l’agilité à l’échelle dans nos équipes. […] Avant les DSI opéraient des systèmes d’information organisés en silos, ce qui rendait la gestion de la transversalité difficile… On a eu du cloud, des micro services, des chaînes d’intégration et de déploiement continues, mais pour embarquer nos équipes, il faut donner de la valeur au changement. Notre force repose aujourd’hui et avant tout sur l’intelligence collective et l’autonomie des équipes pour mener cette transformation. Notre objectif final, c’est la satisfaction de l’écosystème dans lequel nous opérons. »

Mokhtar Ben Belgacem, Directeur des systèmes d’information de Bpifrance

« Les métiers de l’informatique sont passionnants car ils se transforment continuellement. Les technologies évoluent, l’innovation est permanente, les manières de travailler et de collaborer aussi. De nouveaux métiers apparaissent régulièrement. Depuis quelques années par exemple, nous avons besoin d’experts autour de la Data et de l’IA, autour du cloud, de l’agilité ou encore de collaborateurs à même de co-construire des solutions à valeur ajoutée avec les Fintech. Cela offre aux collaborateurs de belles opportunités d’évolution vers de nouveaux périmètres fonctionnels et de nouvelles responsabilités.

La transformation et l’innovation font partie de notre ADN. Notre rôle en tant que DSI est d’anticiper, d’accompagner ces évolutions principalement en accompagnant la transformation humaine. Dans ce contexte, la mesure de la performance et de la satisfaction de nos clients reste un baromètre essentiel. »

Véronique Sinclair, Directrice des systèmes d’information de Edenred France

« Leader mondial des solutions de paiements dans le monde du travail, Edenred connu pour être l’inventeur du Ticket Restaurant ou encore Kadéos connecte 830 000 entreprises clientes, 47 millions de salariés utilisateurs et 1,7 million de commerçants partenaires dans 45 pays.
En 2018, grâce à sa plateforme technologique globale, le Groupe a géré 2,5 milliards de transactions, réalisées principalement via applications mobiles, plateformes en ligne et cartes. Edenred s’est donné pour mission d’optimiser la vie des salariés, de renforcer l’efficacité des entreprises et de développer le chiffre d’affaires des commerçants à travers ses trois lignes de métiers - avantages aux salariés (Ticket Restaurant, Kadéos..), solutions de mobilité professionnelle (cartes carburant, péage, voyages d’affaires) et solutions complémentaires (services de paiement aux entreprises, programmes sociaux publics..).

Avec 8 500 collaborateurs dans le monde, on ne parle pas d’une, mais de plusieurs transformations, voire de transformation permanente. Pour les DSI, c’est important d’apporter des méthodes et des outils qui favorisent l’agilité selon les métiers visés. Pour qu’un projet ait les meilleures chances de réussir, il faut faire en sorte que les métiers soient solidaires entre eux et avec nous. Parmi les indicateurs que nous veillons avec beaucoup d’attention, celle de la satisfaction des utilisateurs. Le meilleur indicateur de la transformation digitale c’est le résultat de l’entreprise ! ».

Stéphane Rousseau, Directeur des systèmes d’information d’Eiffage

« La période des grands programmes de déploiements des ERP par les DSI est révolue. Aujourd’hui, on se concentre sur les métiers, les méthodes agiles pour raccourcir les cycles, apporter de la valeur rapidement. Le métier a changé et on doit développer d’autres compétences avec une démarche de DSI d’intégration, de sourcing de start-up et acheter ce dont a vraiment besoin. Dans notre groupe, nous avons un pôle DSI transverse et non pas un par secteur, ce qui permet une meilleure cohérence pour mener cette transformation numérique des métiers. [ …] Le DSI a trois rôles qui sont le régalien -notamment pour la sécurité- ; les fonctions supports au business processus et la source de progrès technologique pour le groupe… C’est le haut de la pyramide ! Sur les deux premières couches, nous arrivons  établir des KPI, mais sur la dernière c’est plus complexe. »

Emmanuel Schupp, Country manager France de Citrix

« Nous avons passé un cap avec nos clients car il y a plus de verticalité dans les besoins exprimés par les entreprises. Les métiers commencent à vouloir s’emparer des sujets numériques. Il faut donc définir les bons KPI pour piloter et synchroniser la transformation numérique de l’ensemble de l’entreprise. Assurer le lien entre la DSI et les métiers est primordial pour garder une cohérence entre les différents enjeux et optimiser les investissements liés à cette transformation numérique. Ces KPI s’articulent à trois niveaux : opérationnel, au Comex et au Codir. Cet équilibre est difficile à trouver : il y a un besoin de KPI marketing et techniques pour déterminer la trajectoire du cockpit dans lequel les DSI travaillent.»

Serge Niango, Head of System Engineering de Citrix

« La philosophie des SI aujourd’hui, c’est de se fixer une cible, encore mieux si elle se fait dans une vision partagée avec les métiers et la direction générale. Mais le plus important, le cockpit doit adopter une trajectoire intelligible. C’est grâce à l’agilité et l’expérimentation que cette trajectoire sera efficace : c’est-à-dire la capacité de rapidement identifier les besoins voire anticiper, tester, mettre en œuvre, tout en gardant en tête le droit à l’erreur. Faire des erreurs permet d’identifier, corriger et donc innover plus rapidement avec la bonne dose de créativité. Enfin, la dimension humaine reste fondamentale pour tenir le cap. »

Beray Legouverneur, Directeur des systèmes d’information de Loxam

« Aujourd’hui, nous sommes passés à une nécessité métier, en vue d’apporter de la valeur plus rapidement aux équipes. D’un point de vue technique, lorsque par exemple l’informatique ne fonctionne pas, c’est tout le service qui est impacté. C’est à ce moment-là que l’on a commencé à collaborer avec les métiers. Notre défi, c’est de faire des essayages technologiques très variés et, ensuite, de les déployer selon les besoins, la valeur-ajoutée business et la disponibilité et la motivation d'une direction métier. C’est notre rôle en tant que DSI… même s’il est toujours difficile de mesurer comment un projet sur le terrain donne de bons résultats et une meilleure satisfaction des clients. »

Béatrice Mabille, VP of Internal IT (CIO) de Criteo

« La DSI de Criteo a grandi fortement ces dernières années au fil de la croissance de l’entreprise. On assiste à une phase de maturité pour accompagner la transformation numérique et se transformer nous-mêmes.

L’idéal sera lorsque la DSI n’aura plus à justifier l’allocation des ressources… Il y a un besoin de gouvernance conjointe avec les métiers pour assurer la priorisation des sujets les plus importants à valoriser pour l’entreprise. C’est pourquoi notre enjeu c’est de pouvoir mesurer la valeur de nos projets ».

Damien Bioteau, Directeur des systèmes d’information Groupe de Chassis Brakes International

« La DSI a naturellement la compréhension de l’hétérogénéité et la complexité des systèmes d'information qui supportent les processus métiers. Nous avons adapté notre organisation afin qu'elle puisse adresser aussi bien le maintien opérationnel des systèmes que la transformation digitale axée principalement sur l’automatisation des processus et des reportings ainsi que sur l’intelligence artificielle et l’IoT industriel.

Les métiers, il y a encore peu, pouvaient prétendre se passer de nous, sous prétexte de la simplicité des solutions SaaS, cela était sans compter nombre de sujets de conformité, sécurité et intégration. Aujourd’hui, les DSI s’emparent de sujets métiers tels que la gestion du risque, cyber ou non, la "security & privacy by design" ou les master data. Pour autant, nous pensons que la transformation digitale ne réside pas exclusivement dans les métiers, […] Faire grandir les personnes dans le faire-faire. C’est un souhait qui implique un changement de mindset pour accompagner vers le design et l'architecture des systèmes, le constraint management et le pilotage des tiers … En interne, nous avons choisi de casser les silos, le but étant d'accompagner les métiers sur l'atteinte de leurs objectifs opérationnels et leur volonté de changement, en mettant en oeuvre les moyens - processus et solutions - les plus adaptés en fonction de la complexité de nos écosystèmes IT en toute sécurité.».

Sylvain Géron, Group CTO de Canal+

« Les années 2010 ont démarré avec une vraie remise en cause du titre de DSI. Il y a eu la naissance des Chief Data Officer, Chief Digital Officer, Chief Information Officer… On a vu apparaître une multitude de titres différents. Pour moi, c’est révélateur d’une certaine défiance des métiers vis-à-vis du DSI. C’est parfois problématique de créer ces postes-là, en concurrence avec le DSI. Pour autant, s’ils ne travaillent pas tous ensemble, ça ne peut pas marcher. Il y a encore aujourd’hui un besoin de cohérence globale dans l’action. »

Jean-Christophe Lasvergnas, Group CIO Deputy de Europcar Mobility Group

« Mon rêve serait de mesurer l’impact sur les métiers notamment en termes de chiffre d’affaires ou d'efficacité, mais c’est encore difficile surtout lorsque les coûts IT touchent plusieurs domaines. Bien plus qu’un intérêt marketing, cette problématique soulève la question des transformations qui apportent ou créent de la valeur. Dans notre groupe, nous sommes en train de changer profondément le parcours client et de réduire drastiquement le délai de time-to-market en faisant le lien direct entre les équipes business et informatique. »

Catherine Moal, Rédactrice en chef d’Alliancy

Ce que j’ai retenu de ce débat :

  • La transformation numérique veut dire la transformation des équipes en priorité, avant une transformation technique.
  • La DSI doit faire face à une multitude de sujets que sont la data, les start-up, le cloud, l’IA… face à beaucoup de résistance au changement.
  • Il y a un vrai problème de recrutement au sein des DSI par manque de compétences sur le marché, il faut donc (re)former en interne.
  • Aujourd’hui, la DSI doit raccourcir les cycles, apporter de la valeur rapidement et gagner en agilité face à une complexité redoutable.
  • Le DSI devient RH des SI, autour de l’intelligence collective, l’autonomie des équipes, la montée en compétences…
  • Le DSI doit être le partenaire des métiers. C’est ensemble seulement qu’ils peuvent gagner.
  • Les KPI sont très liés à la place de la DSI dans l’organisation. Il faut que la DSI soit au même niveau que le business.

Le rapprochement DSI/Métiers se fait peu à peu, mais il reste encore beaucoup de progrès à faire, y compris au niveau des directions générales

Un dîner organisé avec le soutien de Citrix

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Citrix (NASDAQ: CTXS) aspire à rendre possible un monde où les gens, les organisations et les équipements sont connectés et accessibles de façon sécurisée afin de rendre l’extraordinaire possible. Grâce aux solutions Citrix, les applications et les données sont sécurisées et faciles d’accès, permettant ainsi de travailler partout et à tout moment. Citrix fournit une gamme complète et intégrée de solutions « Workspace-as-a-Service » (WaaS), de virtualisation d’applications, de mobilité, de réseau et de partage de fichiers. Celles-ci permettent aux utilisateurs d’accéder à leurs systèmes critiques en toute sécurité en mode cloud ou non, et depuis n’importe quel terminal ou plate-forme. Avec 3,28 milliards de dollars de revenus générés en 2015, les solutions Citrix sont utilisées dans plus de 400.000 organisations et par plus de 100 millions d’utilisateurs à travers le monde. Pour en savoir plus : http://www.citrix.fr

 

Nous remercions nos invités pour leur présence à ce dîner-débat et pour s’être prêtés au jeu des échanges et du partage, ainsi que notre partenaire Citrix, qui a permis l’organisation de ce diner.

En écho à son crédo « travailler ensemble pour innover plus vite », la rédaction d'Alliancy a créé les dîners de la rédaction. Ce sont des soirées d’échanges, de débats et de prospectives qui réunissent 10 à 15 invités, les dirigeants qui construisent, jour après jour, la révolution numérique de leur entreprise. L’objectif : se rencontrer, partager ses problématiques, s’inspirer et réfléchir ensemble aux grands défis auxquels ils font face.

Retour sur le dîner de la rédaction du 18/02 : comment les DSI s’emparent-ils des nouveaux indicateurs essentiels de 2019 ?

 Une révolution de leadership : comment les DSI s’emparent-ils des nouveaux indicateurs essentiels de 2019 ?  Certains promettaient leur fin, ils n’ont jamais été autant vivants et engagés dans la métamorphose actuelle de leurs entreprises.

Un dîner organisé en partenariat avec Citrix.citrix

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