Retour sur le Workshop « IT et Métiers au service de l’industrie 4.0 »

« Industrie : comment les DSI peuvent créer plus de valeur avec leurs directions métiers ? »

Retour sur le Workshop de la rédaction « Industrie : comment les DSI peuvent créer plus de valeur avec leurs directions métiers ? »

Comment les spécialistes du numérique dans l’industrie s’alignent avec les directions « métiers » afin d’accélérer leur transformation ? Quel est l’impact des choix technologiques actuels dans l’accompagnement des métiers ? Et quelles sont les recettes qui font leurs preuves pour vraiment changer les pratiques et la relation IT-métiers ? Ces questions étaient au cœur du workshop organisé en février par Alliancy avec VMware, et le soutien de la Fabrique de l’Industrie.

L’objectif : proposer des recommandations pour des relations plus performantes entre les équipes informatiques et le reste de l’entreprise, sur le chemin de transformation de l’industrie 4.0. Les managers réunis ont ainsi pu partager leur ressenti sur ce qui avait le plus changé ces dernières années dans cette relation IT-métier et, surtout, les chantiers prioritaires à mener pour les mois à venir dans les organisations.

Nous vous proposons de retrouver ici quelques extraits des débats.

Et pour aller plus loin sur le sujet, découvrez notre carnet d'expériences « Industrie : comment les DSI créent plus de valeur avec les métiers ? », qui présente les recommandations co-créées lors de ce workshop avec nos invités et es interviews.

Joanne Deval, Group chief information officer - Air Liquide

Aujourd’hui, l’une de nos priorités est d’avoir une bonne perception des différents niveaux de maturité qui existent dans l’entreprise, sur la question de cette relation et de cette production commune IT-Métiers. Aujourd’hui, nous avons par exemple un département Digital & IT, que je co-dirige avec le Chief Data Officer. Nous avons souhaité dépasser un discours se résumant à "digital" versus "IT". Ensemble, nous pouvons parler plutôt data auprès de certains métiers, quand nous savons qu’ils ne seraient pas réceptifs au discours IT ; cela permet de nous projeter, d’adopter une approche orientée résultat… L’IT revient ensuite naturellement dans la boucle sur les enjeux des applications, sur le legacy, qui finissent toujours par être mentionnés. En tandem, nous parvenons à couvrir des niveaux de maturité très différents.

Benjamin Godreuil, Head of industry 4.0 - Alstom

Sur cette question de la relation IT-Métier, je porte un regard qui est plutôt métier, mais ma conviction forte est qu’on ne construit rien sans l’IT quand il est question d’industrie 4.0. Des transformations de cette ampleur ne fonctionnent que si l’on arrive à amener de l’agilité, alors que nos organisations sont naturellement silotées.  Le métier se complexifie, il s’agit aujourd’hui de coordonnées des sujets avec de multiples acteurs IT et métier autour des sujets tel que la cybersécurité, le réseau, l’OT et le M2M, les ERP et MES, la data, le développement logiciel…

Pauline Flament, CTO – Michelin 

En travaillant sur la partie infrastructure et core systems, on touche aux sujets IT qui ne sont pas glamour du point de vue métier. Mon challenge est de transposer les méthodes agiles que l’on connait bien dans le développement applicatif à ce monde des infrastructures. Au-delà, ce qui m’intéresse quand on parle de l’enjeu de plateforme, au sens d’une plateforme produit, c’est de faire changer l’état d’esprit qu’il y a derrière. C’est autant un sujet de compétences techniques des équipes, qu’une question de savoir-être, d’envie de se confronter aux utilisateurs pour vraiment comprendre leurs problèmes et trouver ensemble une solution. Je veux développer cette envie des deux côtés de la relation IT-Métier. Pour les équipes, il est possible de le présenter comme un défi, comme un jeu intellectuel, qui consiste à résoudre un problème que tout le monde met en avant.

Eric Marin, Director, Solution Engineering Organization, and EMEA Blockchain Lead - VMware

La « softwarisation » généralisée des entreprises donne une place grandissante aux développeurs dans les organisations. Ceux-ci deviennent les rois de la transformation pour les métiers. Et le lien avec la cybersécurité est clair : comment faire pour qu’elle soit pensée de façon cohérente dans chaque projet ? On sait pertinemment que les développeurs veulent surtout créer et innover et qu’ils ne veulent pas consacrer trop de temps à la sécurité.  C’est donc la responsabilité des éditeurs comme nous, de faire du sujet un « no brainer », en automatisant au maximum la sécurité, depuis la création du code jusqu’à la mise en production elle-même.

Jacqueline Tejeda Carnot, Directeur Informatique France & Moyen Orient – Roche

La priorité pour l’IT est aujourd’hui de changer son discours vis-à-vis du métier. Les équipes doivent parler un langage business et être capable d’expliquer en quoi les technologies permettent d’atteindre des objectifs communs. Pour y parvenir, il est évident qu’il faut mettre en place des équipes cross-fonctionnelles. Nous l’avons expérimenté et les résultats sont saisissants. Cela fait partie de « l’agilité », mais c’est clairement ce qui permettra d’incarner la « proximité » avec le métier, dont on parle tous depuis longtemps.

Ahmed Bennour, Chief Digital Transformation and Information Officer - Naval Group

Ce qui caractérise énormément la relation IT-Métier dans l’entreprise, c’est que le métier a absolument besoin d’avoir accès à la donnée pour mener ses projets, pour innover. Afin de tirer de la valeur, d’aller au-delà du proof of concept, il faut donc forcément cette alliance avec l’IT autour de la data. Avoir une solution industrialisée performante dépasse la seule compétence métier. C’est pour cela que le travail sur les cas d’usage, ce qui veut dire forcément proximité IT-Business, est aussi important à notre niveau.

Julien Maillard, Digital Factory Group Director – Hager Group

Chez Hager Group, nous sommes sur un modèle d’organisation où le digital et l’IT ont été rapprochés dans une même organisation orientée transformation il y a 2 ans. Nous nous sommes organisés en factories, sur le digital, sur la data, sur l’IoT, sur l’ERP, … avec l’ambition d’activer des personnes issues de ces différentes équipes de façon ad hoc, selon les projets et les besoins. Cela a déjà beaucoup amélioré la relation IT-Métiers. Je pense que nous avons deux sujets clés à traiter dans les années à venir. D’abord, faire face à la pénurie de talents, trouver les bonnes personnes et les bons leviers pour les attirer, de même que garder ceux que nous avons. Le deuxième sujet, c’est l’adoption de ce que l’on produit de façon cohérente. Nous avons une grande hétérogénéité entre nos différents métiers et pays, avec des perceptions très différentes en local de ce que l’on fait en central. Nous devons trouver les bons arguments, les bonnes preuves, pour faire adopter les solutions et maximiser leur impact sur le business.

Arnaud Forgiel, Senior Business Solution Strategist - VMware

Les talents font leur marché et les acteurs industriels ne sont pas sur le devant de la scène. Les deux ou trois prochaines années seront clés car les entreprises vont devoir accompagner leurs talents historiques vers leurs nouveaux besoins, notamment au niveau des outils qui permettent d’automatiser un environnement multicloud. Cette automatisation pourra d’ailleurs être aussi un levier pour séduire les jeunes talents, en recentrant le travail sur l’analyse, la configuration et la conception intelligente. L’idée est de sortir du côté rébarbatif de l’IT pour consacrer plus de temps aux sujets d’architecture, de suivi intelligent des opérations à travers des métriques modernes, y compris sur le cloud, ou encore de gestion de la micro-segmentation et de la topologie des applications… Le tout en temps réel !

Sonia Bellit, économiste et cheffe de projet – La Fabrique De L’industrie

Quand on veut mettre un projet 4.0 dans les usines, on va faire face à des sujets très spécifiques : on va souvent adresser des types de métier différents qui ont des objectifs au quotidien eux-aussi très différents. Un cariste qui a des objectifs en termes de « pièces par heure », va se trouver autour de la table avec un gérant de stock pour qui l’enjeu est surtout de maîtriser et limiter son stock… Comment une application moderne peut-elle modéliser cette variété des exigences au sein d’un même projet ? Comment la plateforme et le système d’information, sont-ils à même de prendre en compte cette réalité ? C’est ce qui ressort de notre étude récente : l’importance de l’engagement métier, notamment autour du design thinking.

Dorian Marcellin, rédacteur en chef adjoint d’Alliancy, a animé les échanges de ce Workshop.

Voici les points clés des débats qu’il a retenus :

  • La « softwarisation » des entreprises remet l’IT au centre et demande d’adapter la relation entre IT et métier
  • La cybersécurité n’a jamais été un défi aussi important sur le chemin de l’industrie 4.0 et elle bouscule les habitudes, à la fois côté IT et côté métier
  • Malgré tout, les deux dernières années ont soulevé l'opportunité majeure qui existe de changer la perception historique souvent négative que les métiers avaient de l’IT
  • Surtout, la capacité à défricher l’innovation et les tendances technologiques pour les métiers, ainsi que de leur rendre simple l’accès à la donnée sont deux leviers majeurs pour endosser le rôle tant désiré de business partner.

Sur leur chemin vers l’industrie 4.0, les entreprises n’ont jamais été aussi attentives aux notions de résilience, d’agilité, d’innovation numérique et de transformation de leurs modes de fonctionnement. En particulier depuis les soubresauts provoqués par la pandémie.

Heureusement, de nombreuses technologies se mettent au service de ces objectifs. Infrastructures, edge computing, modernisation des apps… Les études récentes montrent ainsi que les révolutions IT en cours amènent des transformations importantes des usages en matière d’analyse des données de production, de gestion des approvisionnements, de travaux de conception ou même de pilotage des opérations.

Les deux années à venir vont être clé pour bien prendre ce tournant. Or, le sujet n’est évidemment pas seulement celui des CIO ou des CTO. S’ils sont en première ligne pour préparer l’industrie de demain, ceux-ci font également face à la difficulté de s’aligner avec des directions « métiers », qui ont souvent leur propre vision de leur transformation. Il leur faut donc repenser la coopération IT-métiers afin de ne pas favoriser le statuquo. 

Avec ce nouveau workshop, Alliancy et son partenaire VMware, proposent aux acteurs de l’industrie de témoigner des évolutions de cette relation IT-métiers, en passant en revue les évolutions technologiques et organisationnelles qui ont le plus d’impact actuellement et dans un futur proche. Avec pour objectif de proposer des recommandations concrètes pour des relations plus performantes, au service de la transformation de l’industrie française.

  • Comment les spécialistes du numérique dans l’industrie font bouger les lignes ? Et s’alignent avec les directions « métiers » afin d’accélérer leur transformation

  • Quel est l’impact des choix technologiques actuels dans l’accompagnement des métiers ? Quels cas d’usages convainquent le plus ?

  • Quelles sont les recettes qui font leurs preuves pour vraiment changer les pratiques et la relation IT/métier ?

Cet atelier en petit comité permettra de coconstruire une synthèse mettant en avant des recommandations sur la manière dont les DSI du secteur peuvent créer plus de valeur avec leurs directions métiers.

 

Cet échange bénéficie du soutien de La Fabrique de l’industrie, plateforme indépendante de réflexion consacrée aux perspectives de l’industrie en France et à l’international. A l’occasion de ce workshop, un expert de La Fabrique viendra notamment apporter son éclairage pour contextualiser ces enjeux actuels de transformation pour le secteur. Les points clés des débats seront également repris sur le blog de La Fabrique.

 

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A qui s’adresse cet atelier :

Cet échange s’adresse aux CIO, CTO, mis aussi aux CDO, directeurs numériques, directeurs digital et directeurs de Digital Factory, des entreprises du secteur industriel.

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Informations pratiques 

Ce Workshop se déroulera le mercredi 9 février 2022 de 19h00 à 20h30, en format digital (via un meeting Teams ou Zoom).

Il se déroulera en petit comité (8 à 10 personnes). Sur invitation exclusivement. Il s’agit d’un échange privé, qui ne sera pas diffusé en vidéo.

Nous souhaitons notamment identifier des pratiques qui permettent de rendre la relation IT/métier plus efficace, au service d’une transition plus rapide vers l’industrie 4.0. Une synthèse de recommandations sera rédigée par le journaliste présent puis diffusée sur Alliancy.fr. Les participants au Workshop seront mis en avant comme un des contributeurs à ce travail. 

Si vous avez des questions, contactez Anne-Laure Gaillard (06 86 38 51 95 – al.gaillard@alliancy.fr).

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Un workshop organisé en partenariat avec

Carnet d'expériences Alliancy Cloud et Confiance

VMware simplifie le parcours des organisations qui souhaitent rationaliser leur transition digitale pour offrir de meilleures expériences à leurs clients et permettre à leurs collaborateurs de donner le meilleur d’eux-mêmes. Nos solutions couvrent la modernisation des applications, le cloud, le réseau et la sécurité, et l’espace de travail numérique.

FAÇONNER L’AVENIR MAINTENANT : NOTRE AGENDA 2030
www.vmware.com/company.html

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Les workshop d’Alliancy – Qu’est-ce que c’est ?

Une rencontre du programme Numérique en pratique consacrée à la nouvelle relation IT/Métiers : où en sont les organisations ?

Face à la crise les entreprises se sont adaptées rapidement pour répondre aux nouveaux besoins de leurs collaborateurs, clients et partenaires. Et un nouveau chapitre de transformation s’ouvre pour elles.

Il nous semble particulièrement important de proposer des moments d’échanges d’expériences, de débat et de collaboration, notamment pour les leaders technologiques qui font face à de grands défis. 

Il s’agit de se poser un moment et de prendre le temps de l’échange autour d’une question précise, pour confronter les pratiques, enrichir des scénarios d’action et co-construire ensemble des réponses à partager ensuite avec la communauté en digital ou en présentiel.

Une synthèse sera préparé par la rédaction à l’issu de chaque rencontre, pour partager les pratiques et les pistes qui auront émergées de ces échanges.

Cette rencontre se déroulent en présentiel, à la rédaction d’Alliancy et en petit comité (8 à 10 personnes).