L’Europe à fond pour faire grossir ses start-up

Lors des deux jours de conférences consacrées à la souveraineté numérique, dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, la France et l’Allemagne se sont engagées à investir 1 milliard d’euros chacune dans le futur fonds ETCI pour « European Tech Champions Initiative ».

Publié et mis à jour le 9 février 20224 min de lecture
L’Europe à fond pour faire grossir ses start-up

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances

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Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances[/caption]

C’est l’un des piliers de la souveraineté numérique ! La capacité de l'Europe de soutenir à l'innovation et à faire émerger de futurs grands géants technologiques… Aussi, pour rester dans la course technologique et favoriser l'innovation, l'Union européenne doit renforcer son écosystème pour les start-up et scale-up, ces jeunes entreprises indispensables à la transformation numérique et durable de nos économies.

C’est pourquoi hier, dans le cadre de la conférence à Bercy sur la souveraineté numérique, la France, l’Allemagne et 16 autres états-membres de l'Union ont signé une déclaration commune visant à soutenir l’initiative paneuropéenne en faveur des « Scale-up ». « C'est un moment important dans la souveraineté européenne et l’indépendance de l’Europe, a indiqué Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances. Le défi pour l'Europe est de jouer les premiers rôles entre la Chine et les Etats-Unis ».

Une initiative qui vise à mobiliser davantage de capitaux privés auprès des investisseurs financiers européens de long terme afin de renforcer la compétitivité de l'économie européenne de manière durable. La France (via France 2030) et l’Allemagne se sont d’ores et déjà engagées à investir d’emblée 1 milliard d’euros chacune dans le fonds de fonds pour l’ETCI : « Aujourd'hui, nous réaffirmons notre ambition d'accélérer l'ascension des futures entreprises européennes technologiques de rang mondial. À ce titre, cette initiative paneuropéenne constituera un pas de plus pour renforcer la souveraineté de l'UE et ouvrir la voie à l'avenir économique, social et environnemental de l'Europe. La participation du Groupe BEI est également un pilier essentiel pour la réussite de cette initiative », a déclaré Bruno Le Maire.

A ce stade, plus de 3,5 milliards d'euros sont déjà mobilisés (BEI, BpiFrance et banques danoise ou grecque notamment) et d'autres pays ont promis de rejoindre l'initiative rapidement. L'objectif est ainsi de mettre en place un budget de 10 milliards d'euros permettant la création de 10 à 20 fonds paneuropéens de plus d'un milliard d'euros chacun. Aujourd’hui, il en existe seulement deux en Europe (dont Eurazeo) contre une quarantaine aux Etats-Unis.

L'élément clé de cette initiative paneuropéenne de mise à l'échelle sera un fonds de fonds appelé « European Tech Champions Initiative » (ETCI), géré et administré sous mandat par le Fonds européen d'investissement (FEI), filiale de la Banque européenne d'investissement (BEI). Le but à terme étant que dix géants de la Tech soient valorisés à plus de 100 milliards d'euros d'ici à 2030... Comme l’a rappelé Emmanuel Macron récemment dans une vidéo de félicitations dédiée la 25ème licorne française et à toute la French Tech et ses 20 000 start-up.

Par ailleurs, à cette occasion, la commissaire Mariya Gabriel a présenté la nouvelle feuille de route du Conseil européen de l’innovation (CEI) dont un axe structurant est le renforcement du soutien aux scale-up. Cela passe à la fois par la capacité accrue du CEI à soutenir financièrement les projets (plafonds d’investissements pouvant excéder 15 millions d’euros) afin de donner toutes les chances aux entreprises de rupture européennes de s’affirmer sur la scène mondiale, mais aussi par le lancement du projet « EIC Scale Up 100 » qui vise à sélectionner entreprises prometteuses en matière d’innovation de rupture pour mieux accompagner leur développement. Et ce sur le modèle du Next 40/120…

Pour lutter contre la pénurie des talents…

Plusieurs États membres, dont la France, ont lancé des initiatives pour attirer et accueillir des talents internationaux dans des entreprises technologiques européennes, d’ampleur nationale ou internationale. Mais tout cela manque d'objectifs communs et de coordination… pour réellement positionner l'Europe dans la course mondiale aux talents.

S'il n'est pas envisageable de créer un visa tech européen unique à l'échelle de l’Union, les institutions de 16 Etats membres impliquées dans l'attraction des talents et des visas technologiques ont décidé de lancer une initiative conjointe et de créer un groupe de travail à cet effet avec les objectifs suivants :

  • Partagez des informations et des bonnes pratiques sur divers programmes et visas européens d'attraction de talents technologiques, ciblant les talents internationaux intéressés à travailler avec des entreprises technologiques européennes.
  • Lancer un guichet unique « European Tech Talent », avec une équipe dédiée en place d'ici à la fin de l’année, visant à faciliter l'attraction des talents tech en Europe en complémentarité avec les dispositifs nationaux. Cela se fera en étroite collaboration avec l'European Startup Nations Alliance (Esna). Pour plus de clarté et de transparence, ce guichet unique et le site Web associé fourniront aux talents internationaux des conseils sur-mesure sur les programmes technologiques existants dans les Etats membres et vivant en Europe (y compris des informations sur les visas, les impôts, les cotisations de sécurité sociale et d'autres détails pratiques sur l'installation dans différents pays).

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