Mangopay vise les 9 milliards d’euros de transactions cette année

La fintech française veut devenir la référence du paiement en Europe. Mangopay, filiale du Crédit Mutuel Arkea, s’impose peu à peu comme un acteur majeur pour le e-commerce.

Mangopay vise les 9 milliards d’euros de transactions cette année.

Mangopay vise les 9 milliards d’euros de transactions cette année.

En 2020, Mangopay, spécialiste incontournable du marché européen présent dans six pays, a dépassé les 15 milliards de flux processés depuis sa création sept ans plus tôt, dont deux tiers sur les deux dernières années.

À lire aussi : Logistique, fidélisation… pourquoi un site e-commerce ne suffit pas ?

Son atout ? Sa solution de paiement digitalisée qui permet aux plateformes de réaliser des opérations complexes entre leurs utilisateurs tout en sécurisant les échanges avec un e-wallet flexible et des outils anti-fraude dédiés pour rester en continu conforme aux règlementations nationales. Une flexibilité qui lui permet de répondre à des typologies de business très diverses… et de créer de la valeur.

MangoPay est une filiale de Leetchi (cagnotte en ligne) appartenant au Crédit Mutuel Arkea depuis 2015. Sa technologie d’e-wallet favorise le développement des marketplaces, des plateformes de crowdfunding et des fintechs en Europe. Parmi ses 2 500 clients : des plateformes telles que Vinted, Ulule, La Redoute Marketplace, Rue du Commerce, Rakuten, But, Le Bon Coin, KissKiss BankBank, Vestiaire Collective, Malt, Veepee…

Spécialisée dans l’économie collaborative, Mangopay est née pour répondre aux besoins spécifiques et croissants des jeunes entrepreneurs afin de les accompagner dans leurs projets innovants et leur développement. « Notre succès dépend de leur réussite. Nous voulons être leur partenaire dès le début et les accompagner dans leur croissance », explique Romain Mazeries, CEO de l’entreprise. C’est ainsi ce qui s’est passé avec Vinted (37 millions d’utilisateurs en janvier 2021) que Mangopay accompagne depuis sa création en 2008, idem pour Malt (ex-Hopwork).

D’après le cabinet Forrester, les marketplaces représenteront 67 % des ventes dans l’e-commerce en 2022. Cliquez pour tweeter

Pour la seule année 2021, Mangopay souhaite cette fois atteindre les 9 milliards d’euros (contre 6 milliards de flux en 2020)… « Ce qui passera par la consolidation des marchés français, allemand et britannique, tout comme ceux des Pays-Bas, d’Italie et d’Espagne (qui décolle très bien avec Wallapop) et où nous sommes présents depuis l’an dernier, puis nous souhaitons continuer notre conquête du reste de l’Europe… ». Des ouvertures de bureaux sont prévues prochainement dans les pays nordiques, en Suisse et en Europe de l’Est.

La chute d’activité subie lors du confinement de mars 2020 semble donc bien loin… malgré une baisse de 80 % en terme de volume de transactions le premier mois de la crise. Au-delà de la dynamique des équipes et des clients (540 nouveaux comptes signés en 2020), l’activité a repris très fort dès mai et juin, jusqu’à atteindre des niveaux records… La crise sanitaire a certes modifié profondément les habitudes de consommation : l’un de ses clients, La Ruche qui dit oui, par exemple, a vu ses livraisons de produits frais et locaux augmenter significativement, tout comme Pumpkin, dont la nouvelle offre Pumpkin Business a été adoptée par de nombreux petits commerçants… En 2020 encore, le Bon Coin a fait le choix de Mangopay pour toute sa verticale automobile, ou encore Rakuten et Veepee.

Des recrutements continus

La crise n’a pas non plus empêché Romain Mazeries de doubler les effectifs de l’entreprise en 2020, qui compte aujourd’hui 200 personnes (ils étaient 100 fin 2019). «  Doubler notre volumétrie chaque année impose d’assurer la scalabilité opérationnelle et technique de notre offre, d’où l’importance d’investir dans les équipes back-office pour innover avec de nouvelles fonctionnalités [toute la tech est basée en France, NDLR], tout comme de se doter d’un service client performant pour accompagner chacun dans son développement, y compris à l’international. » La stratégie commerciale de Mangopay est d’ailleurs duale, avec des équipes dédiées aux petits sites (de moins de 100 000 euros par mois) et d’autres aux grands comptes.

« Nous prévoyons de recruter 85 personnes cette année, et cherchons à augmenter le ratio de nos équipes techniques. Du fait de la crise sanitaire, nous avons dû entièrement repenser toute notre méthodologie de travail [80 % des collaborateurs sont en télétravail, NDLR], notre roadmap… et monté une académie pour l’e-learning et l’on-boarding à distance. Il faut arriver à bien diffuser notre culture… au sein d’une équipe en continuelle croissance et dont la moyenne d’âge dépasse à peine les 30 ans, avec de jeunes recrues vraiment plus exigeantes sur les valeurs de l’entreprise, l’engagement ou leurs plans de carrière. »

Romain Mazeries conclut en prédisant l’avenir : « Nos clients nous font confiance sur le long terme et l’on voit déjà, en ce début d’année 2021, l’effet d’accélération des grands comptes signés en 2020… au-delà de notre croissance organique en très forte augmentation. Tout notre portefeuille affiche + 50 % en moyenne… On a souvent tendance à nous comparer à la néerlandaise Adyen ou l’irlando-américaine Stripe, mais nous ne sommes pas des géants comme eux sur le collecting. Notre force réside d’abord dans l’e-wallet et la capacité à gérer les paiements complexes comme sur le Bon Coin, Chrono24 ou Vinted, des plateformes où il faut mettre en place tout un écosystème de paiement, là où un acheteur peut commercer avec plusieurs vendeurs. »

Comme une erreur de jeunesse

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a sanctionné Mangopay, dans une décision rendue le 22 décembre 2020. Le régulateur français a relevé six manquements suite à un contrôle effectué entre février et juin 2018 qui porte sur les exercices 2016 et 2017. « Nous étions moins de 60 personnes dans l’entreprise quand ils sont arrivés à l’époque pour faire un contrôle très strict qui a duré un an. » Ce qui a ensuite donné lieu à l’ouverture d’une procédure disciplinaire en mai 2019 et valu à la fintech française un blâme et une sanction pécuniaire de 150 000 euros. « Nous avons pris cela très au sérieux et avons investi 4 millions d’euros dans la tech, dans la séniorité compliance et avons fait appel à des cabinets d’expertise pour nous accompagner, précise le CEO. Tout cela est derrière nous aujourd’hui. »


Commenter

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *