Modes de travail : une nouvelle empreinte digitale !

Malgré le confinement, les idées et les alternatives ne restent pas à l’étroit lorsqu’il s’agit d’accompagner l’activité à retrouver sa voie. Mieux, alors que l’économie est sclérosée, le digital a su être perçu comme un véritable atout RH au sein des méthodes de travail recomposées.

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 Emilie Legoff, CEO de Troops,

Emilie Legoff, CEO de Troops,

Entre la croissance en naufrage et la hausse du chômage (+7% en mars 2020), l’impossibilité de se retrouver physiquement est devenue pour la vie économique de notre pays une véritable épreuve. Pourtant, le confinement a permis à la digitalisation des outils de travail de faire ses preuves. Nombre d’entreprises ont en effet pu poursuivre leur activité, en dépit d’effectifs affectés à la maison, et nombre d’emplois ont pu être sauvés par une efficacité numérique saluée à l’unisson. Ce nouveau quotidien qui présageait de l’avenir, et que la crise sanitaire nous oblige à adopter dès aujourd’hui, offre l’opportunité de repenser une routine professionnelle dans laquelle chacun s’épanouit. Car il ne faut pas s’y tromper : la digitalisation n’est en rien synonyme d’effacement des compétences au profit de la machine. Elle rappelle, bien au contraire, l’importance de l’Homme comme de son savoir-faire.

Les confcalls égayées par des enfants aux apparitions aussi impromptues que drôles, les dossiers qui acceptent de se laisser clore à l’heure du coucher, l’instant familial que l’on s’octroie avec joie en pleine journée : télétravail et outils digitaux réintroduisent la sphère personnelle, jusqu’alors exclue des bureaux par simple conscience professionnelle. Si cette frontière a longtemps été sanctuarisée, la crise liée au coronavirus a démontré que sa disparition n’a rien d’un affront. Demain, ce mélange des genres pourrait même devenir une norme, tant l’aspiration à se défaire de l’égide des cadres rigides et de ces codes qui régissent, est forte.

Enquête Nouvelles priorités stratégiques pour la DSIDepuis son salon ou à l’autre bout du monde, l’enjeu est bien de travailler d’où nous voulons, et au plus près de ce que nous souhaitons, pour n’abandonner aucune des valeurs et des critères qui fondent ce pour quoi nous oeuvrons. Pourquoi assister au premier fou rire de son fils ou de sa fille induirait de ne pouvoir rendre un contrat qui réclame d’être mené sans vice et sans faille ? Une carrière ne pourrait-elle pas se bâtir en dehors des horaires restreints tout se ponctuant par des déjeuners avec les siens ? Rappelons que la digitalisation des outils de travail permet de gagner un temps précieux, en se passant des contraintes liées à la distance, aux trajets et à l’urgence. D’ailleurs, une récente étude menée par Deskeo, entreprise dédiée à la location de bureaux flexibles, souligne l’engouement pour ces nouvelles façons de travailler. Alors qu’au début du confinement, trois-quarts des sondés regrettaient le poste de travail qu’ils ont été contraints de déserter, ils sont désormais 62% à avoir pris goût à cocher leur to do non loin de leur table de chevet. Ce revirement tient au fait qu’il est enfin possible de profiter pleinement de sa vie publique et privée, de réaliser ce voeu de tirer le meilleur parti des deux.

À ceux qui s’imaginent la digitalisation comme un nouveau dogme remplaçant l’expertise des femmes et des hommes, elle est en réalité moins l’assise des automates que la base d’une pleine autonomie qui pourrait se vivre sur de nouveaux ressorts. La base d’un nouvel essor. La collaboration se trouve elle aussi bouleversée par ces nouvelles pratiques encourageant employés et employeurs à une liberté de parole qui existaient peu à l’ère des relations protocolaires. Le télétravail permis par la digitalisation laisse nécessairement une marge de manoeuvre accrue aux salarié(e)s. Il oblige à plus d’empathie et de confiance, puisque le travailleur modèle n’est plus celui qui se montre présent au bureau pour répondre à l’appel. La légèreté et le lâcher-prise s’immiscent enfin dans l’entreprise.

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Outre une balance plus équilibrée entre les différents plateaux de nos existences, et l’accueil réservé à de nouveaux traits de personnalité, cette évolution permet de ne plus courir après tous les sujets, de mieux faire marcher la gestion des tâches initialement chronophages. Les outils RH, comme l’application Troops qui encapsule l’intégralité du processus administratif pour l’établissement de contrats de travail, permettent de porter toute l’attention des talents qui leur sont dévolus sur des missions à forte plus-value. Laissons donc aux algorithmes et à l’efficacité numérique le soin de régler en quelques minutes ces clauses techniques si butées, de surmonter cette bureaucratie sans cesse chahutée. De la même manière, la plateforme impulsée conjointement par Malakoff Humanis et l’UMIH, et sur laquelle une dizaine de milliers de candidats sont prêts à joindre les rangs des hôtels et restaurants, déleste ces établissements de la charge administrative liée aux RH. Leurs dirigeants peuvent donc se concentrer sur leur coeur de métier qui bat déjà au rythme de la gestion des stocks et des mises en place, des services et des plats à la carte. Mais les professionnels des ressources humaines, à l’image des groupes d’intérim, profitent aussi de la technologie et de ses aubaines. En simplifiant les démarches d’embauche, ces derniers peuvent se consacrer à un véritable accompagnement de carrière, encore trop à l’état d’ébauche.

Si seuls les initiés et les spécialistes étaient suffisamment formés pour gérer les performants systèmes d’information des RH (siRH) et autres logiciels de paie, la digitalisation s’engage aujourd’hui dans une démocratisation. Ouvrir ces programmes au plus grand nombre d’utilisateurs est même devenu le credo des innovateurs. Cette dimension inclusive donne, certes, aux TPE et aux PME, l’occasion d’accéder à des applications de plus en plus pointues pour un coût de plus en plus poli, mais elle est surtout un avantage pour les salariés perdus dans les cadres légaux et leurs apories. Avec des systèmes de recrutement simplifiés automatisant les déclarations préalables à l’embauche (DPEA), les candidats, saisonniers et intérimaires, n’ont plus à se soucier de savoir si leur contrat est, ou non, réglementaire.

Il est certain que cette crise sanitaire a des répercussions spectaculaires sur l’économie et sur nos modes de vie. Pour autant, la digitalisation forcée et accélérée de nos outils de travail est une chance à saisir dans les années à venir. En langue chinoise, le terme « crise » se construit par l’association de deux entités : danger et opportunité. Saisissons-donc celle que nous tend l’innovation. Utilisée à bon escient, elle pourrait être un des leviers permettant de se recentrer sur l’essentiel – un quotidien choisi, tant sur le plan personnel que professionnel.


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