Stéphane Berthaud (Veeam) : « Les entreprises ont pris conscience des interdépendances technologiques et humaines en leur sein »

Stéphane Berthaud est Senior Director Technical Sales France & Africa pour Veeam. Après avoir pu observer les réactions des entreprises durant la période difficile du printemps 2020, il revient sur les enseignements clés que l’on peut en tirer.

https://www.alliancy.fr/renforcer-autonomie-numerique-guideCet article est extrait du nouveau guide à télécharger « Vulnérabilité des équipes IT, automatisation, cloud computing… Quels choix pour renforcer son autonomie numérique ? ». 

Alliancy. Avec la crise du Covid-19, de nombreuses entreprises ont été confrontées à la question de leur dépendance au numérique. Quels ont été d’après vous les plus grands facteurs de pression sur les organisations ?

Stéphane Berthaud, Senior Director Technical Sales France & Africa, Veeam

Stéphane Berthaud, Senior Director
Technical Sales France & Africa, Veeam

Stéphane Berthaud.  Nous avons été aux premières loges pour constater cette dépendance. Nous avons vu des entreprises rentrer en mode « survi difficilement joignables, en particulier leurs équipes IT qui ont dû encaisser un choc sans précédent. Il y a eu de nombreuses interrogations sur les outils eux-mêmes, avec une première étape importante, que je qualifierai d’inventaire au sein des entreprises. Il s’agissait de voir ce qu’il y avait comme outils vraiment disponibles pour aider immédiatement à la continuité de l’activité. Mais les outils n’ont pas été en eux-mêmes le plus grand facteur de pression.En effet, beaucoup de dirigeants ont surtout soudainement pris conscience de la complexité des interdépendances au sein de leur organisation, à la fois technologiques et humaines.

Quand tout est normal, de telles interdépendances restent souvent transparentes et insoupçonnées, mais pendant la crise… Nous avons par exemple eu le cas d’un client industriel, qui produisait de la farine en mode 24/7, dont le taux de panne a explosé car ses machines étaient sursollicitées. Le problème était que les fournisseurs ne pouvaient plus fournir de pièces de rechanges suffisamment rapidement du fait du confinement et du ralentissement général de l’économie. Toute la chaine des activités a été mise sous tension de cette façon. En particulier, cette équation a été parfaitement visible au sein des équipes IT des entreprises, concernant le bon fonctionnement des systèmes d’information.

https://www.alliancy.fr/renforcer-autonomie-numerique-guideLes équipes IT étaient-elles suffisamment préparées ?

Stéphane Berthaud.  Les équipes IT savent bien travailler à distance et sont à l’aise avec les technologies déployées en ce sens. Mais comprenons-nous bien, le problème n’était pas le télétravail en soi, plutôt le fait que les équipes étaient beaucoup moins disponibles qu’habituellement. Que ce soit du fait de l’activité partielle, de congés imposés, d’arrêts maladie, de garde d’enfants… Des équipes plus petites ont dû faire beaucoup plus pour les utilisateurs sur des périodes de temps très courtes. Cela est extrêmement complexe à gérer. De plus, beaucoup d’entreprises étaient rentrées depuis longtemps dans des sortes de routine autour de leurs dépendances informatiques. Par exemple en sollicitant toujours leurs fournisseurs habituels pour acquérir du nouveau matériel dans une logique de courtterme, en particulier pour gérer les capacités de leurs serveurs. Or, durant la crise, les SI n’ont pas fait de cure d’amincissement, bien au contraire ! L’urgence a rendu impossible ces façons de faire, mais avec une vision que ne dépassait auparavant pas trois mois, ces entreprises se sont retrouvées coincées ! C’est ce qui explique que beaucoup se soient tournés vers le cloud pour gérer ces questions de disponibilité et de scalabilité.

A quel point le cloud a-t-il pris de l’importance pendant la crise ?

Stéphane Berthaud. Plus que le cloud de manière générale, c’est le multi-cloud public sous toutes ses formes, c’est-à-dire qui ne se limite pas aux offres des grands opérateurs dits « hyperscale », qui ont été clé pour s’adapter en urgence. Cela s’est vu autant pour mettre en place des postes de travail virtualisés que pour transformer des plans de continuité d’activité. Personne ne pouvait vraiment avoir un PCA « Covid-19 » mais le cloud a permis à certains de s’adapter plus vite que d’autres. Et par extension, les entreprises ont pris conscience que les différents composants de leur infrastructure devaient absolument être le plus autonome possible de leurs équipes IT en cas de crise. Cela a été un révélateur des principes clés de l’automatisation IT. Par ailleurs, toutes les approches « software defined » ont payé pendant cette crise. Les entreprises qui avaient laissé cette place au logiciel pour leur réseau, leur datacenter… ont pu fonctionner beaucoup plus simplement en mode dégradé, parfois avec seulement trois administrateurs au lieu de douze ! Les grandes entreprises du numérique s’appuient depuis longtemps sur ces capacités pour avoir une croissance énorme d’utilisateurs sans augmenter leurs propres équipes IT. L’exemple est soudainement devenu tout aussi valable dans le cas où ces équipes ne sont pas disponibles à cause d’une crise, afin de ne pas impacter l’activité.

Les mois qui viennent risquent d’être critiques pour de nombreuses organisations. Quelle est la question la plus importante à se poser ?

Stéphane Berthaud. Avec cette crise, les entreprises ont vécu un « crash test » qui doit être l’illustration parfaite pour faire bouger les choses ; cela a été un révélateur des forces et faiblesses des technologies utilisées. Après une question reste : peut-on se transformer en étant sous contrainte économique sévère ? Ce n’est pas antinomique. Certaines entreprises citeront des problèmes dans la gestion des coûts du cloud, mais cela signifie surtout qu’il ne faut pas improviser sur ces sujets et qu’il faut de l’accompagnement.

Le mauvais argument vis-à-vis d’une direction générale serait de choisir une technologie ou une offre par dogmatisme. En la matière, il est donc important de s’interroger sur ce qu’ont fait les entreprises qui ont été le moins impactées par la crise, au-delà du seul facteur lié à leur secteur d’activité. Il est très intéressant de voir qu’elles ont eu bien souvent des leaders de la transformation en leur sein qui ont pris le taureau par les cornes depuis plusieurs mois ou années, concernant tous les sujets que l’on vient de décrire.

Chacun a donc intérêt à se demander qui peut jouer ce rôle dans sa propre organisation pour mieux porter ces changements critiques dans les prochains mois ?

 Vulnérabilité des équipes IT, automatisation, cloud computing… Quels choix pour renforcer son autonomie numérique ?

Pour cette émission d’Alliancy Inspiration, nous avons échangé avec Bruno Picard, directeur technique France de Nutanix et Stéphane Berthaud, directeur technique France et Afrique de Veeam.

Retrouvez l’article de l’émission sur notre site  “Quels choix pour renforcer son autonomie numérique ?.


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