La valeur de la Data reconnue, mais l’efficacité de ses usages patine

99% des entreprises s’accordent à reconnaître l’importance des données dans leur réussite. C’est un plébiscite. Néanmoins, 97% témoignent toujours de difficultés à utiliser efficacement la Data. Quelles solutions pour surmonter l’obstacle ?

La Data, un facteur de succès dans un contexte économique traversé par des turbulences et marqué par l’incertitude économique ? Pour ses promoteurs, comme les Chief Data Officers, cela ne fait aucun doute. L’enjeu de la valorisation des données en entreprises ne concerne cependant plus uniquement le cercle des experts.

Ainsi, d’après le baromètre 2022 de Talend consacré à la santé des données, toute l’organisation s’est emparée du sujet de la Data et de ses usages. Parmi celles interrogées,  99% consacrent le caractère essentiel de ce patrimoine pour leur réussite. Pour 77% des entreprises, les données sont considérées comme importantes – et assez importantes pour 22%.

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Les compétences et la Culture Data sont des freins

Ce plébiscite constitue une première étape consistant à percevoir la donnée comme un actif stratégique. Toutefois, la valorisation de cet actif, et donc la création de valeur, nécessite des usages. Or, en matière d’exploitation opérationnelle des données, 97% des entreprises sondées témoignent de difficultés persistantes.

Les auteurs du rapport constatent ainsi un recul de la “santé” des données. L’auto-évaluation des capacités des entreprises en matière de données traduit même une baisse par rapport à 2021.

Moins de 40% des experts et des responsables des données jugent “très bonne” leur capacité à fournir des données alignées sur les critères d’actualisation, de fiabilité, d’homogénéité, d’accessibilité et d’exhaustivité. Sur ces dimensions, l’étude mesure un repli de respectivement 18, 11,11, 9 et 11 points.

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Le niveau de maîtrise des organisations sur ces principales caractéristiques des données génère donc pour 97% des difficultés dans l’utilisation “efficace” des données. Le principal obstacle se révèle être celui de la qualité des données (49%). Les répondants expriment aussi des difficultés dans l’accès rapide à la Data (41%).

Mais les freins ne résident pas seulement dans les processus et les outils. La compétence humaine est également une problématique. 38% des entreprises déclarent ne pas disposer de ressources suffisamment qualifiées pour traiter ou analyser les données.

Des programmes de data literacy enclenchés

Cela explique d’ailleurs l’activation dans certains groupes de programmes de formation et de reskilling. Cet été, La Poste officialisait par exemple la création de son école interne dédiée aux métiers de la Data et de l’IA. Dans la banque et l’assurance, formation et montée en compétences sont aussi stratégiques.

Les organisations ont besoin, pour développer leurs usages, de former des profils experts, mais plus largement d’acculturer leurs utilisateurs métiers, consommateurs des données. En effet, 34% des répondants du baromètre Talend expriment des difficultés dans la compréhension des données avec lesquelles ils travaillent.

Pour tenter d’y remédier, 64% des organisations ont lancé “une sorte de programme de data literacy”. Dans 48% des cas, ce dispositif est piloté par le CDO ou le Chief Analytics Officer. Une mauvaise compréhension des données peut traduire un manque de culture Data, comme des failles en matière de gouvernance des données, en particulier sur la question de la documentation et de l’organisation.

Aider à la gouvernance et à la compréhension des données est en principe du ressort des Data Owners et des Data Stewards – lorsque ces fonctions existent en interne. Sans compréhension de la donnée, et en raison d’autres carences sur la qualité et l’accessibilité, il sera complexe pour les entreprises d’atteindre leurs objectifs de valorisation.

Pour 69% d’entre elles, la finalité est celle de l’augmentation du chiffre d’affaires, en hausse de 10 points sur un an. Pour 62%, il s’agit de réduire les coûts, et pour 50% de diminuer les risques. Le chemin pour y parvenir sera encore long. 20% des personnes interrogées déclarent peiner à extraire de la valeur de leurs données. Cette part est plus importante parmi les experts de la Data (22%) que chez les dirigeants (11%). Les responsables minimiseraient-ils les difficultés ?

Des utilisateurs (40%) partisans de plus d’autonomie

Cet écart entre experts et dirigeants se retrouve sur d’autres dimensions. “Plus d’un tiers des experts en données ne peuvent pas affirmer avec certitude que tous les membres de leur organisation comprennent les données avec lesquelles ils travaillent”, relève par exemple l’étude.

Lequel croire ? Les experts, qui sont “les plus proches des données” ou les “dirigeants qui s’en servent” ? Talend ne se prononce pas. Ce qui est vérifié en revanche, c’est le niveau de confiance à l’égard des données utilisées. Les consommateurs sont 85% à avoir confiance dans les données avec lesquelles ils travaillent directement.

Parallèlement, ils sont plus sceptiques quant à la maturité globale de l’entreprise et des autres consommateurs. Parmi les autres enseignements significatifs de l’étude, on notera notamment que :

  • 37% ont compris comment monétiser leurs données
  • Moins de 50% utilisent les données pour développer de nouveaux produits et services
  • 40% des utilisateurs souhaitent être autonomes dans l’accès à la Data
  • 17% des sondés doutent de pouvoir mener à bien tous les projets de leur feuille de route
  • 79% parmi les métiers sont optimistes quant à la réalisation de la roadmap
  • 57% des entreprises jugent que le travail à distance a eu un impact négatif sur l’agilité de leurs données

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“Dans les années à venir, nous allons devenir de plus en plus dépendants des données pour relever les défis d’une situation économique turbulente et d’un marché de plus en plus concurrentiel. En mettant l’accent sur des données saines – soutenues par une culture des données forte, axée sur l’agilité et la confiance – les entreprises peuvent non seulement résister à toutes les tempêtes, mais aussi prendre de l’avance”, souligne Talend.


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