De VivaTech à VivaMusk

Ce vendredi 16 juin, le milliardaire Elon Musk a pris la parole au Dôme de Paris (et non sur Stage One comme tous les autres grands speakers), une salle de concert capable d’accueillir plus de 4 000 spectateurs, soit un public nombreux à la hauteur du personnage. Retour sur un succès.

Publié et mis à jour le 17 juin 20235 min de lecture
De VivaTech à VivaMusk

@IAExperte

Ce vendredi après-midi 16 juin, dans une chaleur suffocante, le Dôme de Paris débordait d’une jeunesse de moins de 30 ans, dès deux heures avant le show ! Une attente pleine d’excitations et de débordements dans les rangs…

A 16H15 enfin, on nous annonce le lancement du programme… Maurice Levy, président du conseil de surveillance de Publicis, et Elon Musk entreront en scène dix minutes plus tard sous les applaudissements, les sifflements et les cris de joie de la salle. Grand moment de journalisme.

[caption id="attachment_119292" align="aligncenter" width="600"]

Photo : CMoal

L’assemblée du Dôme à l’arrivée d’Elon Musk

Photo : CMoal L’assemblée du Dôme à l’arrivée d’Elon Musk

L’assemblée du Dôme à l’arrivée d’Elon Musk. Photo : CMoal[/caption]

Maurice Lévy nous annonce même que Maye Musk, sa maman, est dans la salle : re-applaudissements.

Aujourd’hui, Elon Musk semble d’humeur taquine, jusqu’à esquisser quelques pas de danse. « If you can sing or dance, you can ! », lui propose son interlocuteur. Seul Steve Jobs, patron d’Apple, avait rempli cette salle précédemment, lui rappelle-t-il également… « Je suppose que vous aimez la comparaison ».

« Bonjour Paris » seront les seuls mots en français prononcés par le milliardaire américain, suivi d’un éclat de rire légendaire. Alors, assiste-t-on à la conférence d’un grand patron d’entreprise(s), d’un « gourou » de la tech ou d’une rockstar ? Les 50 minutes qui suivront vous le diront peut-être…

« We Love You Elon ! »

Invité d’honneur du salon VivaTech, Elon Musk s’est finalement montré très calme et encore plus discret (une fois encore) lors de sa première journée parisienne, et ce même face à une foule de plus de 4 000 adeptes en délire, dont l’un d’eux hurlera : « We Love You Elon » ! De quoi certainement satisfaire son ego surdimensionné, mais aussi interroger nos politiques sur un tel pouvoir...

On entre ensuite dans une autre dimension, plus irrationnelle cette fois, quand les réponses aux questions de Maurice Lévy s’enchaînent, revenant sur sa carrière (Paypal, Tesla, SpaceX, StarLink, Neuralink…). « Il y a le potentiel de faire quelque chose de plus important que PayPal, ce que j’essaye de faire. Regardez SpaceX ! J’essaye de finir une tâche que j’ai entamée il y a vingt-quatre ans et je dois la finir car ça sera positif pour la civilisation »…

Il ironisera même sur le prix payé pour racheter Twitter (44 milliards de dollars) et sur le fait « qu’il espère ne pas provoquer l’apocalypse ». Pas moins. Aussi, à la question : « Certains pensent que vous êtes un génie, d'autres moins, qu'en pensez-vous ? », il répondra : « Je ne suis définitivement pas le Mal, ça c'est sûr. Vous pouvez voir une auréole au-dessus de ma tête. »

Durant tout l’échange, personne ne le contredira, bien au contraire. Maurice Lévy croit en ses projets et le lui répétera maintes fois.

[bctt tweet="« 95 % de contenus pornographiques et pédopornographiques en moins sur Twitter », selon Elon Musk" username="Alliancy_lemag"]

La seconde partie du show voit l’arrivée sur scène de Christel Heydemann (Orange), Antoine Arnault (Dior/LVMH/Les Echos) et Asmita Dubey (L’Oréal) pour poursuivre les échanges avec l’homme d’affaires…

[caption id="attachment_119293" align="aligncenter" width="600"]

Sur la scène du Dôme de Paris, Elon Musk (Tesla/SpaceX/Twitter), entouré de Maurice Lévy (VivaTech/Publicis), Christel Heydemann (Orange), Antoine Arnault (Dior/LVMH/Les Echos) et Asmita Dubey (L’Oréal). Photo CMoal

Sur la scène du Dôme de Paris, Elon Musk (Tesla/SpaceX/Twitter), entouré de Maurice Lévy (VivaTech/Publicis), Christel Heydemann (Orange), Antoine Arnault (Dior/LVMH/Les Echos) et Asmita Dubey (L’Oréal). Photo CMoal

Sur la scène du Dôme de Paris, Elon Musk (Tesla/SpaceX/Twitter), entouré de Maurice Lévy (VivaTech/Publicis), Christel Heydemann (Orange), Antoine Arnault (Dior/LVMH/Les Echos) et Asmita Dubey (L’Oréal). Photo CMoal[/caption]

Interrogé par la patronne d’Orange sur son choix de retirer Twitter du Code européen de bonne conduite sur la désinformation, Elon Musk reviendra sur l’importance de la liberté d’expression : « Il est important de pouvoir dire les choses qui dérangent, sinon il n'y a pas d'intérêt à la liberté. Si tout le monde n'a pas la liberté de parler, c'est de la censure », affirme l'entrepreneur, qui est « pour que l’on dise tout ce que l’on souhaite, dans la limite de la loi ». Re-applaudissements en sa faveur.

Plus modéré cette fois, le cofondateur d'OpenAi a rappelé souhaiter un moratoire pour réguler l'intelligence artificielle. « Je pense qu'on devrait interrompre les évènements. Il y a un danger autour de la super-intelligence. Peut-être que cela va précipiter des conséquences catastrophiques »…

Finalement, la foule n’en a cure de tout ce qui se dit… Et c’est enfin à qui aura le droit de poser une question quand la parole est donnée à la salle (!). La séance durera dix minutes, pilotées par un Maurice Lévy en maître d’école, totalement dépassé.

A ce moment-là, des centaines de bras se lèvent pour réclamer le micro, des passionnés lui hurlent leur amour, quand ça siffle encore de tous les côtés… La salle devient alors « non-controllable » et la parole des rares speakers à peine audible : « Avez-vous créé Tesla et Hyperloop pour avoir des moyens de transport sur Mars ? » ; « Comment gérer la santé mentale des gens qui iront sur Mars ? »…

A la dernière question posée par un enfant sur Neuralink (sa société qui souhaite implanter des puces dans le cerveau), Elon Musk rassurera la foule : « Ne vous en faites pas, vous verrez, cela sera déployé lentement »… OUF.

Au final, il y aura donc eu aucune annonce particulière, encore moins d’allusion à une éventuelle implantation d’une usine Tesla en France. Mais on peut garder espoir ! En fin de matinée, le président de la République, qui rencontrait Elon Musk à l’Elysée pour échanger à ce sujet, a tweeté : « Travaillons ensemble ! », avec le #ChooseFrance.

Lundi 19 juin, le milliardaire controversé sera l'invité du 20H00 de France2 d'Anne-Sophie Lapix. Visiblement tous deux très souriants sur la photo, l’entretien télévisé pourrait être synonyme d'annonces de sa part.

https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1669706710489899009?s=20

Autres articles

Le Campus Cyber revendique sa première année de mue

feuille de route

Le Campus Cyber revendique sa première année de mue 

Un an après l'arrivée de sa nouvelle gouvernance, le Campus Cyber affiche une transformation rapide de son organisation et de son écosystème. Reste à démontrer que cette dynamique produira des effets durables pour la filière. 

48 000 étudiants formés pour combler le retard des entreprises

Accessibilité numérique 

48 000 étudiants formés pour combler le retard des entreprises 

Treize établissements intégreront l'accessibilité numérique à leurs cursus dès la rentrée 2026. Une initiative qui cible 48 000 étudiants alors que les entreprises françaises restent largement en retard sur le sujet. 

Piloter une ESN : Nourdine Bihmane (Konecta), quand l’IA pose l’ambition d’un service augmenté… résolument humain

Chronique

Piloter une ESN : Nourdine Bihmane (Konecta), quand l’IA pose l’ambition d’un service augmenté… résolument humain

Pour sa chronique dédiée aux ESN et aux acteurs de services, Sylvain Fievet met en lumière un dirigeant en pleine bascule. À la tête de Konecta, Nourdine Bihmane fait entrer l'IA agentique au cœur de ses opérations.

La commission d'enquête de l'Assemblée nationale réclame un « zéro Microsoft »

Souveraineté numérique

La commission d'enquête de l'Assemblée nationale réclame un « zéro Microsoft » 

Après six mois d'enquête, l'Assemblée nationale dresse un constat sévère sur la dépendance numérique française et propose un zéro Microsoft dans les écoles, des golden shares et un moratoire sur les data centers.

Face aux cyberattaques, seize solutions de sécurité comparées en conditions réelles

Protection des entreprises

Face aux cyberattaques, seize solutions de sécurité comparées en conditions réelles

AV-Comparatives publie les résultats de son Business Security Test mené entre mars et juin 2026. Le comparatif évalue seize solutions de protection des terminaux dans un contexte de multiplication des attaques contre les entreprises. 


Préférences de consentement