21/09 – Dîner de la rédaction « Accélérer la transformation applicative »

« Accélérer la transformation applicative (avec des Digital Factories, mais pas seulement) : quelles sont les pratiques gagnantes des entreprises »

Le paysage applicatif au sein des grandes organisations est devenu un spectacle impressionnant. Alors qu’elles font évoluer massivement leurs activités avec le numérique, de nombreuses entreprises se retrouvent à faire le grand écart entre des applications existantes au sein d’un legacy, éprouvé mais à moderniser, et de nouvelles applications à faire émerger sur des bases bien différentes, pour ensuite les industrialiser. Elles doivent donc mener un travail de fond d’harmonisation à la fois du système d’information et des pratiques IT/Métiers pour éviter une forme de schizophrénie.

Mais l’enjeu de transformation applicative est aussi un point d’entrée sur les transformations plus globales qui se jouent aujourd’hui dans l’entreprise. C’est en tout cas la conviction des DSI et directeurs de l’innovation qu’Alliancy a réuni lors d’un dîner de la rédaction consacré au sujet. Interrogés sur le rôle des digital factories, sur la vision stratégique de leur Comex, sur le changement de périmètre de l’IT d’entreprises… tous ont mis en avant qu’il était surtout nécessaire de prendre de la hauteur sur le sujet et de ne pas l’aborder par la dimension technique comme cela a souvent été le cas jusqu’à présent.

Ces dirigeants ont exprimé des priorités, en fonction de leurs spécificités sectorielles et de l’avancée de la transformation numérique de leur organisation. Nous vous proposons de retrouver quelques-uns de leurs arguments clés dans cet article.

Photos : Guillaume Ombreux

Joanne Deval, Group chief information officer d’Air Liquide

« Pour avoir connu ces deux mondes différents, je dois reconnaître qu’il est habituel pour le métier d’avoir une compréhension parcellaire, voire erronée, de ce que représente le système d’information… avec tout ce que cela engendre comme biais dans la prise de décisions - ou non décision, et un impact direct sur le business. Mais plus encore qu’une « culture IT », je pense que c’est le développement d’une “culture produit” qui contribue à lever les freins à la transformation applicative, et plus généralement à la transformation de l’entreprise tout court. Sortir de l’IT en mode client-fournisseur est essentiel quand une organisation veut gérer à la fois l’obsolescence de ses systèmes, la menace cyber, tout en anticipant les plateformes technologiques de demain. Le ou la DSI doit nourrir un dialogue avec toute la direction ; nous le constatons : quand il y a une acculturation directe des dirigeants d’une ligne métier donnée sur ces enjeux, que de temps gagné ! »

Stéphane Gervais, VP Innovation Stratégique de Lacroix Group

« Nous avons un fort enjeu de transformation applicative. Nous avions une approche assez dispersée, où chacun dans l’entreprise faisait ses choix de développement, de cloud, etc. Nous avons donc eu besoin de rationaliser, centraliser, harmoniser. Toute la problématique est de faire comprendre qu’il ne s’agit plus seulement de développer de nouveaux applicatifs, mais bien aussi d’aligner le business model qui correspondra à chaque fois, avec un gain de maturité sur les cas d’usages. En quatre ans, nous avons beaucoup évolué : aujourd’hui, notre priorité est de nous appuyer sur des microservices fournis par des partenaires externes, les meilleurs sur chaque sujet, pour ensuite travailler de notre côté surtout sur l’interface utilisateurs et celle qui les liera ensemble. »

François Raynaud, Directeur des Systèmes d'Information et du Numérique de EDF Commerce

« En matière de transformation applicative, il faut faire tomber pas mal de mythes. Il est très difficile de faire moins cher qu’un legacy stabilisé et optimisé qui tourne bien. La simplicité annoncée du « lift and shift », c’est du pipeau ! Il y a de nombreuses restrictions notamment sur l’architecture applicative. Dans le contexte changeant que l’on connait, c’est par la définition d’une architecture d’entreprise partagée par tous qu’il faut commencer pour se donner le maximum de leviers et ensuite il faut ajuster sa stratégie de transformation et ses compétences pour avoir la maîtrise de ses projets et récupérer les gains escomptés. C’est ce qui permettra aussi de faire dialoguer l’ancien et le neuf. A EDF Commerce, basculer à l’agile à l’échelle, pour l’IT et pour le métier, a permis d’éviter la rupture : ce ne sont pas deux visions différentes de la transformation applicative, mais une gouvernance et une transformation commune qui sont en place. C’est aussi une condition obligatoire pour faire de la sécurité by design »

Romaric Hatit, DSI France d’Allianz France

« Une entreprise qui sort le « digital » de son IT, s’apprête à rejouer les anciens contre les modernes. Quand on veut vraiment faire du business digital, la DSI doit être au cœur de la stratégie et la gouvernance s’adapter. C’est dans cette optique que nous avons complètement repensé notre organisation chez Allianz France, pour sortir de la relation IT-métier traditionnelle : nous avons créé une logique d’écosystèmes transversaux sur à toute l’entreprise, qui vont bien plus loin que des lignes business et au sein desquels se retrouvent les équipes technologiques, business et les expertises. Cette vision, encouragée par le COMEX français, provoque une remise en question de fond et fait bouger les lignes : l’entreprise n’est plus centrée sur elle-même mais sur les besoins de ses clients.  En parallèle, ses exigences vis-à-vis de ses partenaires changent. Nous avons par exemple créé des agile delivery centers pour que les engagements de résultats et les KPI fournis par nos prestataires s’alignent sur cette nouvelle agilité à l’échelle »

Nizar Chaouch, Group Head of Software Engineering d’Airbus

« Nous sommes sur un business de long terme, avec des carnets de commandes qui s’étalent sur plus d’une décennie. Dans ce contexte, il est vraiment important d’anticiper ce qui va changer avec le digital pour entamer des transformations en profondeur. Pour la première fois, notre Comex compte ainsi une personne qui porte la vision IT et Digital au plus haut niveau. Et dans la même logique, notre digital factory, qui développe nos nouvelles applications, n’a pas été créée à l’extérieur du groupe, comme c’est souvent la tentation pour s’affranchir d’un modèle ou des contraintes des grandes entreprises. Au contraire, l’idée a été de mixer la gestion des nouvelles applications digitales et du legacy. On voit trop souvent dans les grandes entreprises une vision de l’IT ramenée aux grands logiciels de référence et aux enjeux d’infrastructures. Or, le lien avec le business est clé. Quand on voit ce qui existe aujourd’hui en matière de low-code ou no-code, il est obligatoire de se poser la question : la valeur de l’IT est-elle vraiment de créer toutes les applications elle-même ? C’est pour cela qu’une digital factory n’est pas en soi le sujet principal. La priorité est surtout de déterminer les compétences qui comptent, que nous devons garder, et celles que nous devons faire évoluer. »

Olivier Savornin, Vice-President and France General Manager de VMware

« Parmi les défis de la transformation applicative, on voit la déconnection entre les besoins du business et les contraintes de l’IT, mais également une méconnaissance du champ des possibles pour une organisation. Il est aujourd’hui essentiel de mieux partager avec les métiers et avec la direction générale, pour créer de la confiance dans les changements à venir. Quand on regarde les projets de transformation qui sont des succès rapides chez nos clients, on voit que ce sont ceux où les entreprises évitent des déperditions d’informations et de compétences dans la relation avec ses partenaires technologiques : elles s’assurent que leurs prestataires connaissent bien leur système d’information. En parallèle, les clients espèrent, à raison, éviter le vendor lock-in et c’est pour cela que des changements radicaux doivent avoir lieu sur le marché. Dans notre cas, c’est au niveau du business model lui-même que nous agissons : à partir de l’an prochain, nous facturerons par exemple seulement la consommation et l’adoption réelles de nos solutions, pour libérer au maximum les choix de nos clients. »

Nous remercions nos invités pour leur présence à cet échange et pour s’être prêté au jeu du partage de visions et d’expériences !

Ainsi que notre partenaire, VMware, qui a permis son organisation.

Pour aller plus loin sur le sujet, découvrez le Replay de notre Alliancy TALK sur le thème « Transformation applicative : l’ère de la maturité pour les DSI et CDO »

Une rencontre organisée avec le soutien de VMware.

Les logiciels VMware sont au cœur des infrastructures informatiques mondiales les plus complexes. Les offres de la société en matière de cloud computing, de modernisation des applications, de réseau, de sécurité et d’espace de travail numérique permettent à ses clients de mettre à disposition n’importe quelle application sur le cloud et le périphérique de leur choix. Basée à Palo Alto, en Californie, VMware met tout en œuvre pour un impact positif sur la société à travers ses innovations technologiques. Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://www.vmware.com/company.html

Le paysage applicatif au sein des grandes organisations est devenu un spectacle impressionnant. Alors qu’elles font évoluer massivement leurs activités avec le numérique, de nombreuses entreprises se retrouvent à faire le grand écart entre des applications existantes au sein d’un legacy, éprouvé mais à moderniser, et de nouvelles applications à faire émerger sur des bases bien différentes, pour ensuite les industrialiser. Elles doivent donc mener un travail de fond d’harmonisation à la fois du système d’information et des pratiques informatiques pour éviter une forme de schizophrénie.

Les exemples mis en œuvre dans les différents secteurs de notre économie sont nombreux. Et même des secteurs que l’on pouvait juger par le passé moins aiguisé sur le sujet ont largement accéléré sur le sujet. Pour les acteurs industriels par exemple, cet enjeu de transformation applicative est en effet central pour parcourir le chemin vers l’industrie 4.0.

Les changements, organisationnels et techniques sont donc aujourd’hui ambitieux et impliquent un certain nombre de recettes, comme le développement de l’agilité à l’échelle ou la mise en œuvre d’une Digital Factory pour servir de fer de lance à la transformation IT et business. Mais quelles sont celles qui fonctionnent le mieux ? Et à quel niveau jouent les spécificités sectorielles ?

Ce dîner-débat de la rédaction Alliancy, organisé en partenariat avec VMware, a offert la possibilité aux CIO, CDO, CTO et dirigeants de Digital Factory de grandes entreprises de confronter leurs expériences et leurs choix en matière d’accélération de leur transformation applicative.

  • Quels sont les partis pris organisationnels qui semblent le mieux fonctionner ?
  • Avec quels usages du cloud et de la conteneurisation ?
  • Quels sont les prochains leviers technologiques qu’il faudra activer demain ?

Un échange du cycle “SI et transformation”

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A qui s’adresse cette rencontre :

Ce dîner s’adresse aux CIO, CDO, directeurs de Digital Factory et CTO de grandes entreprises.

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Un dîner organisé en partenariat avec VMware

Carnet d'expériences Alliancy Cloud et Confiance

Les logiciels VMware sont au cœur des infrastructures informatiques mondiales les plus complexes. Les offres de la société en matière de cloud computing, de modernisation des applications, de réseau, de sécurité et d’espace de travail numérique permettent à ses clients de mettre à disposition n’importe quelle application sur le cloud et le périphérique de leur choix. Basée à Palo Alto, en Californie, VMware met tout en œuvre pour un impact positif sur la société à travers ses innovations technologiques. Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://www.vmware.com/company.html

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Les dîners de la rédaction – Qu’est-ce que c’est ?

dîner de la rédaction alliancy
Un dîner organisé avec le soutien de VMware et Intel
Retour sur le dîner du 21/05 : Stratégies des assurances face aux GAFA
Quels prérequis et quelles urgences pour les industriels qui veulent concrétiser leur transformation digitale ?

En écho à son crédo éditorial, la rédaction a souhaité proposer des soirées d’échanges, de débats et de prospectives pour se poser et réfléchir ensemble aux transformations qui impactent l’activité des entreprises, des cités, des filières ou des métiers.

A travers ces débats, Alliancy souhaite confronter les acteurs qui construisent cette révolution et ceux qui la vive au jour le jour, pour apporter des éclairages différents sur ces innovations.

La tradition française voulant que les grandes idées émergent autour des meilleurs repas, la rédaction propose ainsi tous les deux mois à des dirigeants d’entreprise, des experts de technologies innovantes et des journalistes dans leur rôle d’observateurs de la société de venir discuter sur un sujet d’actualité autour d’une bonne table.

Les dîners-débat de la rédaction, ce sont des dîners intimes, qui se déroulent à la rédaction, autour de 10 invités pour débattre et anticiper les grandes mutations de vos métiers.