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Administration – Vers l’Etat plate-forme

Etat-France-plateforme-articleLes pouvoirs de Jacques Marzin, DSI de l’Etat, viennent d’être renforcés. De quoi donner un coup d’accélérateur au projet de mutualisation et de rationalisation  du système d’information interministériel de l’Etat. 

Le système d’information (SI) de l’Etat est en pleine transformation. Depuis près de trois ans, la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (Disic) a engagé un vaste projet de rationalisation et de mutualisation des ressources informatiques des administrations d’Etat. Et le cloud y tient une place relativement centrale. Objectif : économiser entre 25 et 40 % sur les coûts en prestations, matériels, logiciels, réseaux et télécoms, tout en offrant des services plus performants. Ce projet, pour l’instant en phase expérimentale, pourrait s’accélérer dans les mois à venir. Les pouvoirs de la Disic ont, en effet, été considérablement renforcés cet été. Créée en 2011, cette structure possédait jusqu’ici un rôle surtout consultatif. Un décret d’août 2014* lui permet de piloter directement l’ensemble des systèmes informatiques et de communication de l’Etat. Quant au directeur de la Disic, Jacques Marzin, il possède dorénavant un droit de regard sur les plans d’investissement des différents ministères en matière d’informatique. « Je souhaite que, d’ici à dix ans, 80 % du SI de l’Etat reposent sur des technologies cloud », indiquait-il, fin septembre dernier, en marge d’une conférence organisée par IDC sur le sujet. Le projet central de la Disic est d’unifier dans un seul SI, et donc une seule infrastructure mutualisée, les différents systèmes informatiques que possèdent les ministères et les opérateurs de l’Etat. « Construire le SI de l’Etat est un immense chantier qui nous prendra une dizaine d’années », précise Jacques Marzin. La première étape de ce projet est la mise en place du réseau interministériel de l’Etat (ou RIE). Il s’agit d’un réseau de grande capacité qui remplacera les différents réseaux Internet des ministères sur le territoire. En 2014, 2 000 sites ont déjà rejoint le RIE et 8 500 autres sont en cours de raccordement. A l’horizon 2017, l’ambition est de basculer sur ce nouveau réseau les 17 000 sites de l’Etat.

Rationaliser les datacentersScreenHunter_69 Nov. 21 15.34

Second chantier : rationaliser les centres de traitement de l’information. L’administration possède une centaine de centres informatiques. D’ici à dix ans, la Disic prévoit de réduire ce nombre à moins de vingt. Pour cela, elle souhaite développer un cloud privé interministériel, qui centralisera toutes les ressources. « Nous multiplions les expérimentations en ce sens », poursuit Jacques Marzin. Début 2014, un premier test de cloud privé interministériel a ScreenHunter_68 Nov. 21 15.33été mené avec la Direction de l’information légale et administrative (Dila). Son infrastructure serveur a été virtualisée et mutualisée, principalement avec des outils VMware. Cela a permis d’héberger plusieurs applications dont une centrale pour l’Etat, a indiqué la Disic. « Cette expérimentation a été très probante techniquement. Mais elle n’a pas trouvé la clientèle qui nous amène à l’équilibre économique », a déclaré Jacques Marzin, lors de la conférence IDC. Concrètement, le cloud privé de la Dila aurait atteint son équilibre économique à 900 machines virtuelles. Mais seulement quelques centaines ont été utilisées par les différents services publics ayant participé à l’expérimentation. La Disic devra donc encore convaincre les différents DSI des administrations de l’intérêt du cloud privé. Ces nouveaux pouvoirs devraient l’y aider.

Vers l’hybride

Parallèlement à ses expérimentations autour du cloud privé, la Disic mène une réflexion autour du cloud public. « Pour les données sensibles, nous resterons sur du cloud privé opéré en interne. Je ne crois pas que les données des casiers judiciaires ou des impôts aient vocation à être hébergées sur un cloud public. En revanche, les sites Internet de l’Etat ou les données proposées en open data, pourraient y trouver leur place », a déclaré Jacques Marzin. Même si la porte n’est pas totalement fermée au cloud public, la Disic estime que les offres des fournisseurs actuels ne sont pas totalement mûres. Elle pointe notamment des problèmes d’interopérabilité, de sécurité et de niveau de services. Mais sa position n’est pas figée. La Disic regarde ainsi de très près les travaux de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) autour d’un label « Cloud Secure ». Cette certification vise à distinguer les infrastructures, services, logiciels et réseaux dignes de confiance pour pouvoir être utilisés par l’administration ou les entreprises françaises. Une première version du label est attendue pour 2015. « Ce label pourrait faire évoluer notre position concernant le cloud public », a conclu Jacques Marzin, lors de la conférence IDC.

* http://bit.ly/1oPQcml

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