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La ville durable – Mieux gérer l’eau et l’air

L’événement S3C Paris, le premier congrès sur les Smart Cities et Smart Countries a démarré ce matin et va se poursuivre jusqu’au jeudi 3 septembre.

L’intelligence que la smart city met au service de ses habitants se niche là où ils ne l’attendaient pas forcément : dans les réseaux hydrauliques, l’air que nous respirons et même les poubelles. Revue des possibilités.

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Le Smart Operation Center de Suez Environnement installé au Pecq (Yvelines) est le « premier centre européen » de supervision d’infrastructures de télérelève de réseaux hydrauliques © Schwebel /Suez Environnement

Smart Operation Center : c’est sous ce nom quelque peu ronflant, mais justifié, que Suez Environnement vient d’inaugurer au Pecq (Yvelines) ce qu’il présente comme le « premier centre européen » de supervision d’infrastructures de télérelève de réseaux hydrauliques. Une réalisation emblématique de ce renouveau technologique si nécessaire au secteur de l’eau. Car il faut bien reconnaître que les réseaux d’eau potable, affectés par des fuites ahurissantes (25 % en moyenne pour la France, 45 % au Mexique…), et par une connaissance parfois très approximative de la localisation des canalisations (problématique en cas de fuite, justement), faisaient jusqu’à présent pâle figure dans le processus de transformation de la ville en smart city.

Tout cela est révolu, au point que l’on commence maintenant à parler de « smart water networks ». Au Pecq, Suez mettra ainsi en œuvre son outil d’analyse Aquadvanced dédié à la surveillance en temps réel des débits, pressions et qualités de l’eau. Objectifs : détecter au plus tôt les incidents et améliorer le service rendu aux usagers. Mais, qui dit surveillance dit aussi appareillage. « A Lyon, le service de l’eau va déployer des équipements qui communiqueront de façon bidirectionnelle avec le poste de contrôle grâce à la même infrastructure de communication que celle utilisée par les compteurs radio installés chez les consommateurs », indique Camille Loth, directeur marketing de M2Ocity, filiale de Veolia et d’Orange spécialisée dans la télérelève. Une avancée importante dans la mesure où les informations (index, etc.) circulant jusque-là sur cette infrastructure étaient remontantes, et non l’inverse. « Avec une simple commande radio, l’exploitant pourra couper une vanne à distance, s’il suspecte une fuite, ou bien lancer une série de mesures, s’il souhaite calculer le rendement d’une portion de réseau », poursuit Camille Loth.

Suivre au mieux les variations de la demande

C’est ainsi que l’on voit apparaître une nouvelle génération de capteurs et de compteurs communicants parmi lesquels l’iPerl de Sensus, ou l’Intelis d’Itron. Dotés de petits modules hertziens alimentés par pile (15 ans d’autonomie), ces compteurs peuvent être relevés aussi souvent que nécessaire, et pas seulement une ou deux fois par an comme on en a l’habitude pour la facturation. Sur le papier, ils peuvent donc servir à la détection de fuite et à la transmission d’alarmes, mais aussi (selon les modèles), au calcul et à la mémorisation des plus hauts débits instantanés, à la mesure de la température de l’eau ou à la détection de la présence d’air dans les conduites… Des organes très sophistiqués donc, mais dont il faut savoir utiliser intelligemment les fonctions. D’où le développement de logiciels de gestion dédiés comme CityMind, issu de la collaboration entre IBM et Smarteo. Historique des index et alertes, intégration d’un système d’information géographique (SIG), lien avec le logiciel de facturation : tout est conçu pour simplifier au maximum la vie de l’exploitant hydraulique, faire en sorte que son offre suive mieux les variations de la demande, et au final diminuer la facture de l’usager.

Mais ce ballet de données peut concerner bien d’autres ressources ou ScreenHunter_153 Apr. 13 14.37paramètres de la ville durable. « Notre infrastructure de télérelevé est mobilisable pour des capteurs de météo, de pollution ou encore de bruit », insiste Camille Loth. A Nice, M2Ocity est d’ailleurs impliquée dans un projet de gestion environnementale, mettant en œuvre une vingtaine de capteurs sans fil disséminés sur toute la métropole. « Au-delà de leur utilisation immédiate pour lancer des alertes pollution, les données objectives recueillies vont éclairer la ville sur les questions d’aménagement : où est-il préférable d’implanter les zones piétonnes ou les contournements routiers, par exemple ? » Pour tenter de modifier les comportements en matière sonore, les municipalités peuvent afficher les nuisances mesurées en temps réel à proximité des lieux bruyants (bars…) ou sensibles (médiathèques…) au moyen d’équipements spécialement conçus à cet effet. L’AFF06 de Rami par exemple, dont l’écran s’orne d’un smiley souriant, grimaçant ou triste en fonction des décibels ambiants. Lorsque le préventif ne suffit pas, la technologie passe au répressif. « Des zones d’actions prioritaires pour l’air (Zapa) seront bientôt créées en France, comme c’est déjà le cas à Londres, prévoit Samuel Morillon, directeur de la Stratégie de Siemens France. Pour ces zones où la circulation sera très réglementée, nous fournirons aux maires des dispositifs matériels, logiciels et serviciels, susceptibles d’identifier tous les véhicules et de vérifier qu’ils sont bien autorisés. Avec des taxes ou des amendes à la clé… » 

Les poubelles moins polluantespoubelle-moins-polluante-vignette

Il suffit de se promener dans les rues d’une grande ville du sud-est de la France en période de grève des éboueurs, pour imaginer le cauchemar si la cité était dix fois plus peuplée. On évite d’y penser, mais les industriels le font et disposent déjà d’un certain nombre de solutions pour rationaliser la collecte des ordures. Les villes de Tours et d’Orléans, entre autres, utilisent les capteurs communicants
de Sigrenea pour la télérelève du taux de remplissage des conteneurs d’apport volontaire. Forts de cette information, les services de ramassage concernés optimisent leurs tournées et les rendent à la fois moins gênantes et moins polluantes. Un sujet loin d’être anodin, comme le prouve la présence de cette PME d’Olivet (Loiret) dans le célèbre « top 100 mondial des entreprises à surveiller » du Cleantech Group. Dans le même registre, citons l’Espagnol Urbiotica qui a équipé Barcelone. Plus insolite, on trouve depuis peu dans certaines zones résidentielles de la région parisienne des installations de collecte pneumatique souterraines (photo) mises au point par le Suédois Envac. A Romainville (93), le réseau raccorde 500 points de collecte sur une longueur de 12,5 km. Finies les mauvaises odeurs !

 

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