La téléphonie à la papa, c’est fini !

Le groupe belge Destiny devient « DSTny » et poursuit ses objectifs de croissance dans le domaine des télécommunications dans le cloud. En quatre ans, 24 acquisitions ont été opérées (Open IP en France notamment), dont 5 dans l’édition de logiciels. Cinq autres sont en cours.

Visio conference destiny L’ambition est grande pour le belge Destiny, désormais dénommé DSTny : devenir le leader européen des communications unifiées dans le cloud. Les moyens pour y parvenir aussi ! A ce jour, cinq acquisitions sont en cours, après les 24 déjà réalisées en Europe ces quatre dernières années.

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« La crise sanitaire a ouvert de nombreuses opportunités dans notre domaine. La demande des entreprises a beaucoup évolué, à la fois du fait de la convergence des réseaux et des télécoms, mais aussi de l’ouverture de nos métiers au CRM et à la relation client au sens large », explique Laurent Silvestri, fondateur d’OpenIP (et membre de l’équipe de direction de Destiny) et actuel président du Club des Dirigeants Réseaux et Télécoms (CDRT) jusqu’en 2024.

Aujourd’hui, le groupe DSTny, présent physiquement dans cinq pays, souhaite « unifier » toutes ses marques (dont Open IP, Alliantel et IP Line en France) pour une meilleure visibilité à l’échelle européenne. « Les acteurs historiques perdent des marchés dans le cloud public. De nouveaux usages, autour de Teams ou Zoom par exemple, sont apparus chez les clients pendant la crise sanitaire… La vidéo et le tchat sont désormais incontournables, en plus de l’audio, via le téléphone fixe ou mobile. C’est une vraie opportunité pour nous de créer une alternative européenne face aux Américains, qui n’ont pas la même vision du client, et encore moins du modèle économique pour leurs partenaires. »

Le groupe a levé des fonds auprès d’Apax Partners il y a deux ans pour créer Destiny (groupe franco-belge), qui réalisait à l’époque 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, il atteint les 100 000 entreprises connectées pour 2,5 millions d’utilisateurs (dont moins de 100 000 postes fixes). « Nous sommes leader dans les pays nordiques avec une technologie totalement mobile first, raconte Laurent Silvetri. Nos solutions en mode SaaS sont nativement mobiles et s’adressent autant aux grands comptes qu’aux PME. »

Le groupe, présidé par Daan De Wever, a réalisé 190 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 (pour 40 millions d’euros de marge) et compte 750 salariés en Europe, dont 180 en France. « Nous sommes à 750 millions d’euros de valorisation aujourd’hui. Mais, après les cinq acquisitions en cours, nous devrions atteindre le milliard d’ici à trois mois », poursuit Laurent Silvestri.

Les raisons d’une telle ambition ? « Les besoins des clients sont totalement différents. La téléphonie à la papa disparaît… Ce n’est plus seulement de l’audio ! D’une part, on parle de l’équipement du salarié dans un monde hybride avec l’intégration native du mobile. Il y a ensuite l’aspect collaboratif, puis l’expérience digitale du collaborateur qui se doit d’être de plus en plus omni-canal. »

De nouveaux besoins apparaissent également autour de la Business Intelligence. « Avant l’opérateur transportait un appel. Désormais, nous cherchons de la valeur dans les appels, que ce soit en proposant le cryptage, l’enregistrement, la traduction, la transcription, le résumé du texte ou l’analyse des appels dans le cadre de la relation client… »

DSTny voit là de nombreuses opportunités et met en avant sa force en tant qu’éditeur pour proposer toute une panoplie de nouveaux services. Le groupe réfléchit également à y ajouter une couche d’analytics (business performance) pour mieux répondre aux besoins de ses clients. Enfin, il souhaite travailler en écosystème ouvert (« Play well with others ») pour à la fois retenir sa clientèle, mais surtout l’élargir… « Nous pouvons par exemple plugger différents logiciels de communications sur un CRM type Salesforce », explique le dirigeant.

Pour autant, reste encore à rééduquer son large réseau de 1 300 partenaires pour faire évoluer son approche commerciale. « Nous transformons nos canaux de distribution, précise-t-il, en allant chercher des agences digitales par exemple, capables de parler aux métiers. Nous faisons un logiciel de télécoms. Nous sommes dans l’IT où l’on embarque des commodités télécoms. De quoi apporter davantage de valeur à nos partenaires et leurs clients. »

Destiny a été reconnu par Frost & Sullivan, dans son rapport UCaaS Frost Radar 2021, comme l’un des principaux leaders en matière de croissance et d’innovation industrielle. Le groupe est propriétaire de deux filiales françaises, Open IP et IP Line. Alliantel, troisième entité du groupe en France et opérateur de télécommunications d’entreprise, est en cours de fusion avec Open IP. Le groupe compte 25 000 clients gérés par son réseau de partenaires en France et 350 en direct (dont les grands comptes).


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