Quand le FinOps se met au service de la sobriété numérique

L’approche FinOps vise à accompagner la croissance de l’usage du cloud dans les entreprises d’une démarche de responsabilisation, bénéfique à la fois financièrement et sur le plan de l’empreinte environnementale.

le FinOps au service de la sobriété numérique Contraction de « finance » et « opérations », le FinOps désigne à la fois une méthodologie et une fonction (le « Lead FinOps ») apparues avec la montée en puissance du cloud dans les entreprises. Les fournisseurs de cloud offrent aujourd’hui une telle souplesse dans le déploiement de capacités de stockage de bases de données ou de puissance de calcul que de nombreuses entreprises en arrivent à ne plus être en mesure de maîtriser leurs budgets cloud.

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Confrontées à de nouveaux modes de facturation et à des dépenses parfois difficilement identifiables, elles prennent alors conscience de l’importance d’une gestion optimisée de leurs ressources.

« Le FinOps nous concerne tous. Parce qu’aujourd’hui, un système d’information d’entreprise est cloud. Et mieux encore, multi-cloud. […] Il est donc primordial que cette croissance de l’usage du cloud s’accompagne d’une démarche de responsabilisation. La pratique du FinOps vise justement à créer de la valeur sans gaspiller de ressources. Une recherche d’efficience bénéfique autant pour le porte-monnaie que pour l’empreinte environnementale de l’entreprise », déclare Didier Girard, Co-CEO et VP engineering de l’entreprise Sfeir, à l’occasion de la publication d’un livre blanc consacré au sujet.

FinOps : avant tout, un support au dialogue

Le FinOps est une méthodologie ayant pour objectif de mettre un certain nombre d’acteurs de l’entreprise autour de la table : la direction financière, le contrôle de gestion, les product managers, les développeurs, et les personnes en charge du build et du run… Le FinOps est là pour que la promesse de création de valeur et la valeur réellement créée soient alignées.

« Un produit en phase de production utilise un certain nombre de ressources. Jusqu’à présent, les entreprises avaient des difficultés à mesurer l’empreinte carbone de ces ressources. Or, depuis quelques mois, on commence à être capable de mesurer leur impact environnemental car les cloud providers fournissent des indicateurs de plus en plus précis. Cela signifie au passage que les infrastructures sur site (on-premise) vont bientôt se retrouver en décalage avec le cloud sur ce point précis », ajoute Didier Girard.

Une méthodologie qui doit être déployée en amont

Mais, pour être efficace, l’approche FinOps doit être déployée dès le début de la réflexion Cloud, comme le rappelle Jean-Christophe Laissy, Partner et directeur au Boston Consulting

Group, cité dans le livre blanc publié par Sfeir. « Parce que concevoir une architecture Cloud fonctionne à l’envers de ce qu’on a toujours fait. Il faut partir des capacités des fournisseurs de Cloud et de leur modèle de tarification pour déterminer l’architecture », précise Jean-Christophe Laissy.

Une analyse que partage pleinement Olivier Rafal, Principal strategy consultant chez Sfeir et auteur du livre blanc. « Si on pense FinOps dès le début, l’architecture et toutes les applications peuvent être conçues de manière à consommer le moins possible. Et, grâce à l’analyse des données, un feedback peut être fait aux ingénieurs sur l’impact financier de ce qu’ils ont conçu. Et aux métiers et product owners sur l’impact financier de ce qu’ils souhaitent obtenir », note-t-il.

Ne pas dépenser moins, mais dépenser mieux

Le but du FinOps n’est pas de dépenser moins, mais de dépenser mieux. Son objectif est de profiter des promesses du cloud sans se laisser déborder, en maintenant la croissance des coûts en ligne avec la croissance du chiffre d’affaires et l’objectif de rentabilité. Et en limitant son empreinte numérique à ce qui est strictement nécessaire pour se moderniser, innover et proposer des offres performantes, avance le livre blanc.

Cela ne se fait pas du jour au lendemain, le changement est culturel avant d’être technique. Comme pour tout changement de ce type, cela nécessite une phase d’évangélisation, afin que chacun comprenne bien les enjeux et priorités des autres.

Le responsable FinOps : un chef d’orchestre avant tout

« C’est là que l’apport d’un ‘responsable FinOps’ (lead FinOps) peut être déterminant. Son rôle pourra éventuellement être transitoire, le temps d’impulser la démarche, de construire les processus. Il pourra s’agir d’un prestataire, externe ou interne. Il devra pouvoir discuter avec tous sur un pied d’égalité et donc être investi d’une certaine autorité », peut-on lire dans le livre blanc de Sfeir.

Dans ce contexte, quel doit être le profil de ce « responsable FinOps » ? « Son profil est avant tout celui d’un chef d’orchestre. Son parcours peut être très varié. Il peut venir de la technique, ou de la comptabilité et du contrôle de gestion. Il lui faut posséder à la fois une bonne compréhension des enjeux techniques du cloud, et des enjeux financiers. Quant à son entité de rattachement, il faut qu’il dépende de quelqu’un qui ait suffisamment d’autorité pour que ses recommandations soient suivies par l’ensemble des personnes concernées », conclut Olivier Rafal (Sfeir).


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