[Tribune] FinOps : la nécessité d’une gouvernance et d’un pilotage maîtrisés du cloud

Optimiser les coûts en matière de cloud : c’est le but de l’approche FinOps (contraction de “finances” et “opérations”). Elle vise ainsi à encourager la coopération et l’assimilation des moyens IT par les métiers, qui se positionnent comme précurseurs en matière d’innovation. Pour être performant sur le long terme, le FinOps doit cependant reposer sur une gouvernance et un pilotage pointus, mais aussi un sourcing des talents exigeant et maîtrisé en interne. Marc Landwerlin, directeur commercial grands comptes chez Insight, nous livre son analyse.

Marc Landwerlin, directeur commercial grands comptes chez Insight

Marc Landwerlin, directeur commercial grands comptes chez Insight

Avec l’émergence du cloud, les difficultés ont été nombreuses pour les entreprises. Elles ont dû gérer une migration obligatoire vers un modèle (a priori) plus flexible, mais aussi composer avec la nature fluctuante de la dépense générée dans le cadre des nouveaux modèles imposés. Ces derniers ont un coût bien supérieur à celui annoncé. Le cloud coûte cher : pour être plus rentable qu’un système on-premise traditionnel, il doit être bien géré.

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C’est là où le DevOps et l’Agile ont pu s’unir en FinOps. La maîtrise du cloud représente en effet un investissement judicieux, à la fois côté équipes DevOps, mais aussi côté équipes financières. Après l’alliance entre développement et les opérations, place à l’union entre aspects techniques et financiers. L’objectif : une gestion optimisée des ressources cloud et, à la clé, une optimisation des dépenses mensuelles.

Il ne suffit pas d’acheter une voiture pour être capable de bien la conduire. Il est important de considérer le FinOps comme une discipline à part entière. Une gouvernance et un pilotage pointus sont donc nécessaires.

Le FinOps, une discipline à part entière

Tout l’enjeu du FinOps est de créer de l’agilité pour rendre les entreprises plus lisibles. Pour devenir un véritable véhicule de croissance au service de la visibilité des entreprises et de leurs dirigeants, il doit reposer sur des objectifs mesurables, alignés avec l’augmentation des dépenses IT. Cette nécessité de maîtriser les assets financiers positionne le FinOps comme un véritable sujet de gouvernance. Il s’agit d’une discipline à part entière pour les entreprises qui veulent mener à bien leur croissance et réussir leur transformation digitale.

Mal piloté, le cloud est une source constante de complexité. Considérer le FinOps avec la plus grande attention devient une posture indispensable pour mesurer les bénéfices d’un projet et en maîtriser les contours financiers. Sa portée va plus loin que de réelles économies sur les coûts engagés. Il permet en effet la mise en place d’une infrastructure dimensionnée pour répondre aux besoins réels des utilisateurs, des clients et des usagers.

On l’a en effet vu avec la pandémie où il a été nécessaire de s’adapter en temps réel à un véritable cataclysme. C’est grâce à la puissance d’un cloud maîtrisé, et à ses grandes puissances de traitement, que les entreprises ont pu s’adapter, à l’image de la grande distribution. Capable de prédire et de réduire les coûts, le secteur a pu proposer aux consommateurs de nouveaux services selon un time-to-market réduit, réinventant ainsi le modèle du jour au lendemain. Même intérêt du FinOps en ce qui concerne la fidélisation et le parcours client. Avec le système de cartes de fidélité, il est possible de proposer des promotions personnalisées sur la base d’une connaissance pointue de leur historique d’achat, de leurs besoins et de leurs attentes. A la clé, l’expérience est optimisée, le gain est instantané avec une satisfaction immédiate du client final, et les services propulsés par le FinOps aident réellement à renforcer les ventes.

Le FinOps démontre là sa capacité concrète à assurer une maîtrise correcte du cloud, mais aussi à prédire et réduire les coûts pour les transformer en investissement. Pour cela, il dispose de moyens, d’outils et de méthodologies pour piloter durablement et de manière sécurisée l’utilisation de plateformes cloud. Pour autant, les équipes et les talents doivent apprendre à gérer la complexité reportée sur ce nouveau modèle et être formés à cette agilité synonyme de performance et d’innovation.

FinOps : des talents au carrefour des métiers

Cette traduction en valeur de service implique en conséquence de créer la rencontre entre de multiples compétences capables de maîtriser les moyens, les outils et les méthodologies. Le but est de piloter durablement et de manière sécurisée les plateformes cloud, selon des métriques connues et lisibles. Les talents à recruter seront au carrefour des métiers, dans une logique de maîtrise d’ouvrage et de continuité d’engagement pour une réponse pertinente aux besoins business.

Si le recours à un prestataire extérieur est bénéfique en matière technique, les entreprises veilleront à garder la main en interne sur la veille et le sourcing de ces expertises. Elles seront dès lors à même non seulement de maîtriser leurs coûts, mais aussi de les anticiper pour mieux moduler leurs investissements. Et finalement, optimiser leur capacité d’innovation et leur performance sur le long terme.


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