L’ouverture de la donnée est essentielle à la démocratisation

A l’occasion de Data on Board 2021, Yves Tyrode, directeur général Innovation, Data, Digital de BPCE a souligné les bénéfices de l’ouverture des données pour les entreprises. En interne, cette ouverture est un levier incontournable de la démocratisation de la data.

Yves Tyrode, directeur général Innovation, Data et Digital du Groupe BPCE

Yves Tyrode. directeur général Innovation, Data, Digital de BCPE

L’éditeur Opendatasoft tenait le 7 décembre sa grande conférence annuelle dédiée à l’Open Data. L’entreprise fêtait également à cette occasion ses 10 ans d’existence. Et en une décennie, le sujet de l’ouverture des données a beaucoup évolué.

A lire aussi : Yves Tyrode (BPCE) : « Le digital joue un rôle complémentaire à celui du conseiller »

L’enjeu n’est plus seulement celui de l’open data au sens strict, et en particulier l’ouverture des données publiques. Les entreprises adoptent elles aussi l’open data, y compris dans un mode privé, en interne, ou avec des partenaires de leur filière.

Ouvrir le champ des applications et des usages

Quelques années plus tôt, cette ouverture n’allait pas de soi, comme s’en souvient Yves Tyrode, le directeur général Innovation, Data, Digital, activité Paiements du groupe BPCE – mais aussi président de Oney Bank. Il est venu en témoigner lors de l’édition 2021 de Data on Board.

“Lorsqu’on a des Data dans son système d’information, la dernière chose dont on ait envie, c’est de les ouvrir et de les donner”, se souvient le dirigeant. Ce frein culturel remonte à 9 ans. Le sujet de l’open data avait donné lieu à des débats au sein du comité de direction de la SNCF.

Mais l’ouverture même n’est pas suffisante, rappelle par ailleurs Yves Tyrode. “C’est une action extrêmement complexe et exigeante, ne serait-ce que sur la qualité des données”. Les bénéfices justifient cependant ces efforts, ajoute-t-il. L’open data rime ainsi avec une extension du “champ des applications et des usages.”

Le patron de la Data a importé cette première expérience dans l’univers bancaire avec BPCE, où l’ouverture des données, y compris publiques, n’était alors pas un réflexe. “Dans une banque, dire qu’on va ouvrir les data, cherchez l’erreur”, s’amuse Yves Tyrode. BPCE a néanmoins enclenché cette ouverture.

Qualité, ouverture des API et bénéfice utilisateur

Carnet-TransfoAppli-300

Le groupe a ainsi créé un portail à destination des départements en leur fournissant des données anonymisées sur les paiements des touristes étrangers. Une donnée à forte valeur pour les collectivités et leurs stratégies touristiques. La banque s’est aussi attelée à livrer en open data, avec un rafraichissement 4 fois par jour, l’ensemble des offres d’emploi au sein du groupe.

Ce projet a permis en particulier aux équipes du digital de capter de “très bons candidats”, et donc de générer un bénéfice direct pour l’entreprise. L’open data a par ailleurs contribué à l’évangélisation autour des données et de leur valeur pour l’entreprise, considère le directeur du digital.

La thématique a permis en outre de sortir la data sur seul cercle des experts pour la connecter aux métiers et aux usages. Pour mettre en place ce “cercle vertueux”, des prérequis sont nécessaires : la mise en qualité des données, l’ouverture des API et placerl’utilisateur au centre.

“Ce qui compte, c’est le bénéfice pour l’utilisateur final”, insiste Yves Tyrode. En découle l’importance de la démocratisation de la data. “On ne peut pas être dans un monde où la data est omniprésente, sans former, sans expliquer, sans faire que le consommateur final, que le collaborateur en entreprise comprenne bien les enjeux. C’est un sujet majeur.”


Commenter

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.