Société Générale continue de sensibiliser sur le Green IT

En charge de l’innovation technologique et de la RSE pour la filière SI de Société Générale, Stéphane Leclercq dresse le bilan de l’édition 2022 du serious game Green Circle et des actions de la banque en faveur du Green IT.

Fin juin, vous avez organisé un défi international, appelé Green Circle. En quoi cet événement a-t-il consisté ?

Stéphane Leclercq (Société Générale)Stéphane Leclercq. Green Circle est un serious game développé par Société Générale en collaboration avec CodinGame. Le jeu invite les participants à ajuster leurs pratiques de programmation afin de réduire l’empreinte environnementale des activités numériques. Depuis plusieurs années, la gamification permet à Société Générale de sensibiliser ses collaborateurs et ses parties prenantes au Green IT.

Concrètement, le jeu comporte plusieurs phases. Les équipes tirent des cartes et, en fonction des cartes tirées, elles doivent générer un type de programme donné, que nous appelons les « bots ». Les équipes qui parviennent à coder le plus de « bots » possible dans le temps imparti, gagnent la première phase.

Ensuite, nous regardons la qualité de la programmation. Si les bots sont codés de manière propre, les équipes obtiennent des cartes positives mais, dans le cas contraire, elles reçoivent des cartes noires qui matérialisent de la dette technique. En fin de jeu, les équipes ayant le plus de dette technique perdent et celles ayant produit le plus de code correct, dans le temps imparti, gagnent.

Quel est le bilan chiffré de l’édition 2022 ?

Stéphane Leclercq. L’édition 2022 de Green Circle a enregistré 7 300 inscrits d’une centaine de nationalités différentes. Dans le classement final, nous comptons 61 équipes entreprises et 67 équipes écoles. Le total des bots développés pendant la compétition est de 34 268.

Quels sont les critères à respecter quand des développeurs souhaitent coder « green » ?

Stéphane Leclercq. La problématique du green coding est qu’il existe de multiples critères qui peuvent faire qu’un code est plus ou moins propre. Tout d’abord la donnée qui est très importante. Comment est-elle utilisée ? Est-elle répliquée ? Est-elle hébergée dans des environnements où de l’énergie verte intervient ?

Il existe également beaucoup de pratiques liées à l’outillage interne utilisé pour faire du « code quality ». Nous sommes par exemple repartis du livre de Frédéric Bordage « Écoconception web : les 115 bonnes pratiques » et nous avons tagué ces bonnes pratiques Green IT dans SonarQube, notre logiciel de gestion de la qualité du code. Nous sommes ainsi très attentifs aux boucles infinies qui peuvent faire appel à une CPU 18 fois alors qu’un traitement mieux construit pourrait ne la solliciter qu’une fois, et donc consommer moins d’énergie.

L’objectif est de faire en sorte que la partie UX – la présentation à l’utilisateur – soit la plus légère possible, tout comme la partie traitement, d’un point de vue algorithmique. Lors de l’exécution, le but est d’éviter les appels trop lourds en termes de transferts de données, mais également en termes de CPU / gestion de mémoire.

Comment sensibiliser les développeurs à ces thématiques ? Est-ce au moment des études supérieures ? Après ?

Stéphane Leclercq. Malheureusement, il n’y a pas encore beaucoup d’écoles qui parlent activement de Green IT. C’est la raison pour laquelle nous nous engageons vis-à-vis d’elles. Depuis 2019, nous avons donné des conférences dans différents établissements pour accompagner les étudiants et les sensibiliser au sujet.

Nous avons également réalisé des masterclass sur le Green IT, le numérique responsable, mais aussi sur l’accessibilité et les architectures responsables. Elles ont été diffusées sur nos plateformes de vidéos en interne et sur YouTube, où elles ont été visionnées plusieurs millions de fois.

Nous sommes dans une phase de sensibilisation. Nous sommes en train d’accompagner des métiers qui, pour certains, étaient sans le savoir déjà dans le numérique responsable, mais pour d’autres, n’avaient pas conscience de l’impact que leurs pratiques pouvaient avoir.

Pour quelle raison êtes-vous signataires de la Charte sur le numérique responsable ?

Stéphane Leclercq. Nous sommes effectivement signataires de cette charte depuis 2019, avec l’Institut du numérique responsable. Nous avons cofondé avec lui, en 2020, un Mooc de 30 minutes sur le numérique responsable qui se trouve sur son site, ainsi que des modules de quatre fois 1 heure qui permettent d’obtenir une certification de premier niveau sur cette thématique.

Ce Mooc a été mis à disposition des étudiants et rendu obligatoire également aux 25 000 collaborateurs de notre filière IT. L’objectif ? Former, sur le périmètre français, 80 % des collaborateurs avant fin 2021, et sur l’international, avant fin 2022.

Nous sommes donc dans une phase « d’awereness » dans laquelle nous faisons en sorte que le plus grand nombre de collaborateurs soient sensibilisés aux challenges du numérique responsable, et qu’ils soient dans une posture où ils se disent « Maintenant, j’ai compris quel est mon rôle et comment je peux vous aider ».

Comme toute phase de transition et de changement d’état d’esprit, cela prend du temps. Au début, nous avons mené des campagnes de communication et avons invité les collaborateurs à le faire naturellement, mais la progression était lente. En formant les 25 000 collaborateurs de la filière IT, à travers des modules spécifiques par exemple, cela provoque des déclics. Ceux qui sont déjà convaincus peuvent ainsi « être moteurs » auprès de ceux qui le sont moins.


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