[VIVATECH2021] Tim Cook et Mark Zuckerberg font leur show !

Cette année, deux géants technologiques ont été invités (virtuellement) sur la scène principale de Vivatech : Apple et Facebook. Tim Cook et Mark Zuckerberg ont eu l’occasion de présenter leurs projets à venir pour “l’humanité”. Si les fans des Gafam – friands de discours teintés de transhumanisme – ont pu y trouver leur compte, les plus sceptiques – adeptes des sujets qui fâchent – sont restés sur leur faim.

Tim Cook a été invité à participer virtuellement à Vivatech le 16 juin et Mark Zuckerberg le 17.

Tim Cook a été invité à participer virtuellement à Vivatech le 16 juin et Mark Zuckerberg le 17.

Vivatech met à l’honneur les géants de la tech ! Sur la page internet de l’événement cette année, Mark Zuckerberg et Tim Cook sont mis en valeur, juste devant Stéphane Richard (Orange) et Thierry Breton (Commission Européenne). Alors que le gouvernement et la Commission européenne s’alignent de plus en plus sur un discours prônant la régulation et la souveraineté, on aurait pu s’attendre de Vivatech d’explorer le sujet de fond en comble avec les premiers concernés. 

La Commission européenne est-elle en voie de former un front antitrust crédible ?

Entre Tim Cook et Mark Zuckerberg, seul le patron d’Apple s’est vu posé des “questions qui fâchent” lors d’une table ronde animée par le co-fondateur de Brut Guillaume Lacroix. “Nous faisons partie des grands supporters du RGPD depuis le début, explique Tim Cook. C’est un standard qui inspire toutes les entreprises en Europe et à travers le monde.” En revanche, il précise qu’une partie du débat européen sur la régulation ne garantit pas la défense des intérêts de l’utilisateur.

En cause : le Digital Markets Act (DMA) de Bruxelles pourrait contraindre les géants à ouvrir davantage leur plateforme. Une ouverture qui ne saurait plaire à Apple et son App Store ; si l’on en croit le procès en cours qui l’oppose à Epic Games, un développeur de jeux vidéo se plaignant pour les mêmes raisons. Tim Cook fait valoir la fiabilité d’iOS, taclant au passage celle d’Android, et partage ses inquiétudes face aux effets de “l’économie de la surveillance” sur la liberté d’expression et la vie privée.

Vient ensuite le débat sur la taxation des géants technologiques et sur ce point, Tim Cook rappelle son taux d’imposition effectif des dix dernières années à hauteur de 23%, soit un taux proche de la moyenne d’imposition des entreprises de l’OCDE. “Les taxes sont essentielles pour fournir des services [publics] à travers le monde… mais le problème réside plus dans leur répartition”, conclut-il. 

Une technologie neutre

Tim Cook revient ensuite sur le sujet qui intéresse plus particulièrement  l’audience de Vivatech : la technologie. Cette technologie, qualifiée de “force positive”, est capable de “résoudre des problèmes” et rendre la vie plus simple. Des mentions honorables sont d’ailleurs faites au développeur français Guillaume Rozier pour Covid Tracker et Vite ma dose ainsi que Lucie Basch pour Too Good To Go.

Un constat qui peut être appliqué à l’enrayement de la désinformation. Tim Cook affirme qu’il faut “comprendre la technologie pour ce qu’elle est : elle est neutre, et si elle devient bonne ou mauvaise, cela dépend uniquement de la créativité, l’empathie et la passion de son inventeur”. Il rappelle ensuite les effets désastreux de la désinformation sur les taux de vaccinations ainsi que sur le bon déroulé d’élections présidentielles dans plusieurs pays. “Le DSA peut aider en ce sens mais il doit faire l’objet de plus de discussions pour atteindre une régulation globale”, complète-t-il.

Sur la question de l’impact écologique d’Apple, Tim Cook assure que la firme deviendra neutre en carbone d’ici 2030, grâce à une production d’électricité 100% renouvelable. Il affirme également “faire des progrès” sur la question des matières premières :  98% des terres rares utilisées dans l’Iphone 12 sont recyclables. “Nous avons pour objectif de ne plus retirer quoique ce soit de la Terre pour fabriquer un Iphone”, insiste-t-il avant de préciser qu’ils “en sont encore loin”.

Un Zuckerberg moins bavard

La suite des discussions se fait plus timide. Mark Zuckerberg est cette fois-ci invité le lendemain par Maurice Lévy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe, pour échanger sur deux thématiques : le commerce en ligne et la réalité virtuelle/augmentée. Des choix bien pensés qui coïncident avec l’actualité commerciale de Facebook.

D’une part, l’entreprise a décidé, dès le début du confinement, de se lancer dans la course à la digitalisation des commerces aux côtés des autres géants technologiques. Une vaste offensive destinée à aider les marchands à basculer leur activité en ligne, en l’occurrence ici Facebook, Instagram. Ces dernières années, la firme a par ailleurs multiplié les innovations pour favoriser l’utilisation professionnelle de ses plateformes, à l’image notamment du récent partenariat avec Shopify. Pour autant, Mark Zuckerberg admet “ne pas arriver encore à la cheville d’Amazon”* en la matière.

À lire aussi : Quand Google France digitalise les commerces français

La deuxième partie de cet échange est consacrée à la réalité virtuelle et augmentée. Mark Zuckerberg partage la conviction que cette technologie marquera une autre étape de notre Histoire, au même titre que l’ordinateur et le smartphone. À la différence que cette fois-ci, il n’y aura plus besoin d’un écran pour “connecter le monde”.  

Bien que Mark Zuckerberg ait été bien moins bavard que Tim Cook sur les enjeux de la régulation, de la taxation et de la désinformation, tous deux s’entendent de concert pour ce qui est du futur du travail : la technologie garantira l’épanouissement de l’homme et l’émancipera du travail pénible.

Ces discours aux relents de transhumanisme se fondent dans le décor d’une édition Vivatech placée sous le signe de la Tech4Good. Du pain béni pour les optimistes technologiques, un rendez-vous raté pour les sceptiques. 

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* citation originale : “We are not making a dent on Amazon yet”


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