Le Gouvernement accentue son soutien aux formations numériques inclusives

Six mois après avoir consacré 250 millions d’euros de son budget « France Relance » à la lutte contre l’illectronisme sur tout le territoire, le Gouvernement français annonce injecter 90 millions d’euros supplémentaires pour former aux métiers du numérique. L’enjeu : pallier la carence de compétences numériques sur le marché du travail en mobilisant les écosystèmes territoriaux.

Elisabeth Borne et Cédric O, accompagnés de Carine Seiler, haut-commissaire aux Compétences, se rendant à la “Pop School” (Paris XIème) le 20 mai 2021 afin de présenter la nouvelle feuille de route de la « Grande École du Numérique ». / Crédit : @MINEFI

Elisabeth Borne et Cédric O, accompagnés de Carine Seiler, haut-commissaire aux Compétences, se rendant à la “Pop School” (Paris XIème) le 20 mai 2021 afin de présenter la nouvelle feuille de route de la « Grande École du Numérique ». / Crédit : @MINEFI

Créer 190 000 emplois numériques d’ici à dix-huit mois. Voici l’objectif que se donne le Gouvernement avec un nouveau plan d’aide aux formations des chômeurs non qualifiés vers les métiers d’un secteur qui compte plus de 500 000 emplois en France. 

Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion et Cédric O, secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, se sont rendus ce jeudi 20 mai à la Pop School à Paris pour présenter leur plan de financement à hauteur de 90 millions d’euros. Le but étant plus précisément de créer dès septembre 10 000 formations supplémentaires à destinations des personnes les plus éloignées de l’emploi.

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D’un côté, le projet est porté par Pôle Emploi pour financer plus de formations en ce sens. De l’autre, la Grande École du Numérique (GEN) s’occupe de lancer un nouvel appel à projet pour labelliser encore plus de formations aux métiers du numérique.

LA GRANDE ÉCOLE DU NUMÉRIQUE EN BREF

Créée en 2016 sous le quinquennat précédent, la Grande École du Numérique est un réseau qui rassemble plus de 750 formations aux métiers du numérique. L’organisme est chargé de labelliser tous les programmes pédagogiques innovants en France qui forment les nouveaux talents du numérique, sans critère de sélection académique, économique ou social. Depuis son lancement, la GEN a permis à plus de 33 000 personnes de trouver leur voie.

Vers un numérique plus inclusif

« Le numérique est un secteur en pleine expansion qui recrute aujourd’hui plus que le secteur aéronautique, rappelle Cédric O. Nous devons faire en sorte que tout le monde puisse y avoir accès ». D’après lui, cet effort d’inclusion permettrait au numérique de devenir meilleur et de « renouer avec le progrès ». 

Ainsi, les personnes les plus ciblées par ce nouveau programme d’aide à la formation sont celles habitant dans des quartiers prioritaires de la ville et les zones de revitalisation rurale. Élisabeth Borne ajoute également la nécessité de féminiser ces métiers largement dominés par les hommes.

Cette nouvelle feuille de route prévoit également le lancement d’un appel à projet « Innovation », dont l’objectif est de cibler les projets innovants visant à mieux atteindre, former et accompagner les publics cibles de la GEN tout au long de leur formation et de leur insertion professionnelle.

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Un besoin pressant de compétences numériques 

Pour Elisabeth Borne, orienter les talents vers ce secteur d’avenir est d’autant plus « important dans ce contexte de crise car les entreprises attendent de plus en plus des compétences numériques ». C’est un travail nécessaire pour « réussir la transition de notre économie et veiller à inclure les personnes les plus éloignées de l’emploi ». 

Cette dernière insiste également sur le fait que les formations aux métiers du numérique ne se résument pas uniquement à acquérir des compétences purement techniques. Les nouveaux talents doivent aussi développer des soft skills pour s’insérer dans le monde de l’entreprise.

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Pour Olivier Sichel, Directeur de la Banque des Territoires, « ce qui compte ce n’est pas les milliards du plan France Relance mais l’impact [réel] sur le sujet des formations et la réponse aux besoins de talents numériques notamment dans l’industrie ». L’objectif d’inclusion ne pourra être atteint selon lui sans mobiliser les écosystèmes territoriaux.

Le soir même, Cédric O était invité au siège du village By CA où il déclarait que “la souveraineté se jouera dans la guerre des talents”. Ce ne sera sans doute pas la dernière fois qu’on entendra le secrétaire d’État défendre l’intérêt de la formation aux métiers numériques.


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