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[Interview] BPCE veut changer la donne avec son centre de service spécial Data-RH

Ludovic Favarette est directeur Relations Etablissements, Démocratisation et Support Data, rattaché à la Direction Innovation, Data et Digital de BPCE. Précédemment DDRH à la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, il a dorénavant la mission de démocratisation de la donnée au sein du groupe et il vient de prendre en charge le tout nouveau centre de service Data-RH pour le groupe. Focus sur ce que change l’entité pour le groupe bancaire français.

Alliancy. Vous venez de prendre les commandes du centre de service Data-RH. Quels sont vos objectifs prioritaires ?

Ludovic Favarette

Ludovic Favarette est directeur Relations Etablissements, Démocratisation et Support Data, rattaché à la Direction Innovation, Data et Digital de BPCE

Ludovic Favarette. Le groupe BCPE compte plusieurs DRH. Le centre de service est là pour faciliter l’appropriation de la donnée par l’ensemble de leurs équipes – qui ont de grands besoins en la matière.

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Quels profils faut-il recruter ? Nos formations sont-elles vraiment efficaces ? A ces questions structurantes, nous n’avons jamais su répondre de manière statistique : avec des données. C’est cela que nous souhaitons accompagner.

Nous commençons par réaliser un état des lieux des données dont nous avons besoin et de celles qui sont à notre disposition.

Cela nous permettra dans un premier temps de revoir nos outils de pilotage de la donnée. Ce recensement ne fait peut-être pas « rêver », mais il est indispensable : ce sont les fondations. A partir de là, quand nous disposerons de données sûres et fraîchement mises à jour, nous pourrons entrer dans les usages avancés.

Et notamment travailler sur la prévision des compétences dont le groupe aura besoin à cinq ans.

Par le passé, vous avez lancé en interne des formations Data certifiantes, conçues en partenariat avec l’X et une ESN. Vous avez formé plus de 2500 personnes. Les équipes RH ont-elles besoin elles aussi d’être formées ?

Ludovic Favarette. Oui, même si par nature, les métiers de la DRH comportent une forte dimension de traitement de la donnée : la gestion administrative de la paie, le volet social, s’appuient sur des milliers de données stockées. Mais de plus en plus, ces données sont « éparpillées » dans des applications différentes. Et aux données classiques s’ajoutent des données audio ou vidéo.

Il est temps de mettre tout cela à plat, de normaliser… et de former les équipes pour qu’elles acquièrent les bons réflexes – car c’est bien leur travail quotidien qui va permettre de construire un socle de données fiabilisé. Je me suis donné deux ans pour y parvenir.

Et pour cela, je fais passer les équipes RH par les formations certifiantes que nous avons construites en 2019-2020.

« Quels profils faut-il recruter ? Nos formations sont-elles vraiment efficaces ? A ces questions structurantes, nous n’avons jamais su répondre de manière statistique. C’est cela que nous souhaitons changer grâce à la Data. » Cliquez pour tweeter

Deux ans pour construire les fondations, donc. Les demandes de cas d’usage se bousculent-elles déjà à votre porte ?

Ludovic Favarette. Oui, comme toujours ! Cela fait partie du jeu. Il y a un équilibre à trouver entre le fait de partir de cas d’usages (pour créer de l’adhésion, pour faire avancer les projets plus vite) et l’indispensable recensement en cours.

Les usages qu’on nous demande me permettent de prioriser les efforts sur tel ou tel aspect du socle de données. Les DRH du groupe me font remonter leurs besoins… et nous préparons notre feuille de route à l’horizon 2022-2023.

Prenons un exemple, dans le secteur bancaire, nous avons des enjeux de recrutement et de montée en compétences très forts. Avec une tension sur le marché du travail : les candidats sont moins nombreux qu’autrefois et plus exigeants. Le parcours d’un candidat, avant qu’il n’arrive chez nous, peut être raconté en données : il y a de quoi stimuler l’imagination d’un Data Scientist !

Quels indicateurs de performance vous êtes-vous fixés ?

Ludovic Favarette. C’est encore un peu tôt pour ce projet-ci – ils sont en construction. Mais je peux vous dire qu’il y aura à la fois des indicateurs quantitatifs et qualitatifs : ces derniers seront fondés sur le NPS (Net Promoter Score), puisque c’est l’outil avec lequel nos Métiers sont eux-mêmes évalués. Cela me paraît logique de me l’appliquer aussi.

Nous visons un NPS supérieur à 30, c’est-à-dire que sur un échantillon de 100 personnes, 30 seront prescripteurs et m’auront noté entre 9 et 10.

Si j’avais un message à faire passer aux DRH de plein exercice, ce serait celui-ci : ne passez pas à côté de ces enjeux Data, intéressez-vous au sujet et entourez-vous bien. Cela prend beaucoup de temps d’obtenir des résultats dans ce domaine – on ne peut pas diffuser la « culture Data » en un claquement de doigts : alors commencez au plus tôt. Et partagez vos bonnes pratiques : on est plus forts ensemble.

Groupe BPCE

Le groupe BPCE rassemble les Caisses d’Epargne, les Banques Populaires, Natixis et des filiales depuis 2009. Il s’agit de la seconde banque coopérative en France.


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