Valentin Hueber (Syntec Numérique) : « Nous travaillons également à une plateforme Solutions Industrie du futur »

Le délégué Conseil en Technologies, Industrie du Futur et Innovation & Technologies de Syntec Numérique, Valentin Hueber (1), réagit à l’annonce du partenariat entre Bpifrance et France Industrie visant à rapprocher la French Tech et la French Fab.

Alliancy. Connaissiez-vous l’existence de cette nouvelle plateforme « Tech in Fab » (2) ?

Valentin-Hueber-(Syntec-Numérique)

Valentin Hueber, délégué Conseil en Technologies, Industrie du Futur et Innovation & Technologies de Syntec Numérique

Valentin Hueber. Je l’ai découverte ce jeudi matin en assistant à la conférence de son lancement par Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’Industrie et Cédric O, Secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, en présence des représentants de Bpifrance et France Industrie.

En 2015, Syntec Numérique s’est allié à l’Alliance Industrie du futur (AIF) pour justement favoriser le rapprochement entre le monde de la Tech et l’industrie. Où en êtes-vous ?

Valentin Hueber. Syntec Numérique est l’un des membres fondateurs de l’AIF. Nous sommes moins visibles certes, mais les travaux se poursuivent… Tout ceci se fait dans la continuité d’un rapport paru en 2019 (commun à l’AIF, le Gimelec et le Symop), constatant le retard de la France en matière d’industrie du futur et dans lequel était proposé un plan d’actions d’ici à 2025 pour assurer la mutation numérique de l’industrie, accélérer son redressement et anticiper les besoins en formation…

Valentin Hueber (Syntec Numérique) : « « Chasser en meute » est difficile en France » Cliquez pour tweeter

D’ailleurs, nous avons entamé la « Saison 2 » de nos travaux avec la préparation du lancement du 19ème comité stratégique de filière (CSF). Intitulé « Solutions Industrie du futur », ce CSF vise à mieux structurer l’offre technologique française pour proposer des solutions aux industriels pour se transformer. Sa labellisation devrait intervenir dans quelques jours, le 9 avril, avec une signature attendue du contrat de filière (feuille de route) d’ici à juin prochain.

Prévoyez-vous également de votre côté la création d’une plateforme ?

Valentin Hueber. Tout à fait. Cet outil mettra en relation des offreurs et les demandeurs de solutions des 18 autres filières industrielles déjà existantes.

Mais cela ne fait-il pas « doublon » avec Tech in Fab ?

Valentin Hueber. Les objectifs se rejoignent, mais les cibles ne sont pas les mêmes. Tech in Fab est une bonne initiative qui s’intéresse principalement aux offres des start-up Deeptech. On peut supposer que plusieurs guichets permettront de mieux diffuser l’information et toute l’offre… Bpifrance est également membre de l’AIF, il faudra donc se coordonner.

Cela ne complexifie-t-il pas en plus la tâche pour les industriels ?

Valentin Hueber. C’est clair qu’il ne faut pas démultiplier les guichets, y compris au niveau des financements et des aides potentielles. Tout cela n’est pas toujours simple vu du côté des entreprises. Ensuite, cela a un coût, représente des choix techniques en termes de système d’exploitation et le référencement sur toutes ces plateformes prend du temps pour les offreurs de solutions quels qu’ils soient. Il faut également relayer toute cette information…

Comment expliquez-vous ce peu de concertation, car il y a encore, dans la même logique, la future plateforme « Boost French Fab » en gestation ?

Valentin Hueber. L’écosystème finira bien par se structurer et on peut espérer disposer à terme d’une seule porte d’entrée. Il est vrai que chacun travaille en silo… « Chasser en meute » est difficile en France, surtout à un moment où tout le monde se saisit du numérique. Espérons qu’il y ait convergences de ces différentes initiatives, sachant que Syntec Numérique intègre les ESN, les éditeurs de logiciels et les ICT, soit l’ingénierie et le conseil en technologies à qui est sous-traitée 30 % de la R&D industrielle.

Nos membres peuvent donc clairement aider l’industrie à voir clair dans ce foisonnement d’offres… C’est une vraie valeur ajoutée que les ICT peuvent proposer. Il est en effet très important pour les entreprises, notamment les PME et ETI industrielles de ne pas se précipiter sur une technologie. Nous avons d’ailleurs édité deux guides à leur attention qui illustrent le positionnement des Comités Industrie du Futur et IoT de Syntec Numérique et les conseillent dans l’approche de ces sujets.

 


(1)
Valentin Hueber a pour mission de promouvoir les savoir-faire et métiers à très haute valeur ajoutée des sociétés d’Ingénierie et Conseil en Technologies (ICT), membres du Syntec Numérique avec les ESN et les éditeurs de logiciels. Autant auprès des jeunes talents qu’auprès des pouvoirs publics et des partenaires. Il a également en charge de développer et de valoriser les apports du numérique dans l’industrie, à travers le Comité « Industrie du Futur » dédié en vue d’accompagner les industriels dans leur mutation digitale. Enfin, Valentin pilote le Comité « Innovations & Technologies », dont l’objectif est d’identifier les tendances dans le domaine numérique.

(2) La plateforme Tech in Fab vise à rapprocher PME et ETI industrielles françaises des acteurs du digital et de l’innovation, en favorisant l’innovation des premiers et en accélérant leur transition vers l’industrie du futur, tout en créant des opportunités commerciales pour les seconds.


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