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De l’importance des écosystèmes pour… les territoires, avec l’exemple de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
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Le rIAlity Lab d’Aix-Marseille vise à démocratiser l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle n’est pas réservée aux grands groupes ! TPE et PME peuvent aussi en tirer profit. La CCI Aix-Marseille-Provence réunit au rIAlity Lab des chercheurs et partenaires privés pour acculturer les entreprises locales et développer les applications. Entretien avec Jean-Luc Chauvin, président de la CCI métropolitaine, à l’origine de la création de ce laboratoire.

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Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, également à la tête de l’association des CCI métropolitaines de France.
Photo : Cyril Chauvin

Alliancy. Qu’est-ce qui a motivé la création de ce laboratoire dédié à l’IA à Marseille ?

Jean-Luc Chauvin. Plusieurs constats ont motivé la naissance de ce projet. D’abord, l’intelligence artificielle est devenue, et le sera encore plus à l’avenir, incontournable. Or, de très nombreuses PME n’en sont pas conscientes, et encore plus de TPE. Certaines le sont, mais ignorent en revanche comment intégrer ce sujet dans leur métier. Seuls quelques grands groupes ont commencé à intégrer de l’IA et à imaginer des usages de ces technologies. Notre conviction est qu’elles toucheront tous les acteurs, y compris les commerçants, les indépendants ou les consultants.

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Par ailleurs, nous estimons que Marseille dispose d’atouts majeurs. Nous sommes, grâce aux câbles sous-marins, un hub de connectivité, mais aussi un espace de stockage important via les datacenters. Une partie des données des Gafa est stockée chez nous. De plus, Marseille abrite une communauté de premier plan sur le domaine de l’intelligence artificielle. Elle s’incarne au travers de la French Tech, mais aussi des grands groupes comme CMA CGM. Le territoire compte enfin de nombreuses équipes de recherche et d’innovation de stature internationale. Nous réunissons donc toutes les composantes nécessaires à l’émergence d’un écosystème en intelligence artificielle.

Le rIAlity Lab serait-il donc un centre d’expérimentation ?

Jean-Luc Chauvin. C’est un lieu à disposition des 134 000 entreprises de notre territoire, quelle que soit leur taille. Cet espace est l’opportunité pour elles de découvrir que l’IA n’est pas réservée aux autres, mais aussi d’aller plus loin. Nous avons donc décidé de créer le lab au Palais de la Bourse, le siège de la CCI, au cœur de Marseille.

La maison des 134 000 entreprises est donc l’occasion pour celles-ci, qui hésitent, s’interrogent ou veulent tester de pouvoir le faire. Le rIAlity Lab est un lieu consacré à l’acculturation, mais aussi à l’expérimentation et à l’industrialisation.

Le rôle d’une chambre de commerce est d’être à l’avant-garde, d’anticiper les virages technologiques, économiques et sociétaux que doivent prendre les entreprises pour se développer.

Jean-Luc Chauvin, (CCIAMP) : « Parmi les services disponibles, la découverte des applications existantes, des rencontres avec des fournisseurs de solutions pour découvrir des réalisations concrètes, voire aller jusqu’à des… Cliquez pour tweeter

De quels partenaires vous êtes-vous entourés pour faire vivre le Lab ?

Jean-Luc Chauvin. Nous avons commencé par réunir une équipe au sein de la CCI, mais aussi des partenaires qui disposent d’une forte maturité sur l’intelligence artificielle. Ces opérateurs ont le savoir-faire nécessaire pour démontrer aux entreprises les applications existantes et potentielles de l’IA.

Parmi les partenaires technologiques, nous comptons notamment Microsoft France, Sopra Steria, IBM et l’écosystème de la French Tech. Dans la recherche, c’est La Cité de l’innovation et des savoirs Aix-Marseille, l’AMU [Aix-Marseille Université] et Kedge Business School. La préfecture de région nous apporte aussi un soutien. Le but de ces partenaires est de montrer aux entreprises quels sont les apports de l’intelligence artificielle dans leurs métiers.

De quels services disposeront les entreprises au sein du Lab ?

Jean-Luc Chauvin. Notre objectif est de leur proposer un dispositif simple et utile. L’enjeu, c’est la compréhension de l’intelligence artificielle par les TPE-PME, mais c’est aussi de les aider à faire les bons choix dans leurs investissements. Parmi les services disponibles, la découverte des applications existantes, des rencontres avec des fournisseurs de solutions pour découvrir des réalisations concrètes, voire aller jusqu’à des démonstrateurs ou la conception de prototypes.

Le Lab permet aussi aux entreprises qui le demandent d’entrer en relation avec des laboratoires et plus largement l’écosystème d’innovation local. En termes de prix, notre offre se veut à forte valeur ajoutée et à coût maitrisé. Le premier rendez-vous avec un expert et la découverte sont gratuits.

Pour obtenir une étude de marché, un premier investissement est à réaliser en fonction de la taille de l’entreprise et du secteur cible. Mais le coût reste raisonnable même pour une TPE-PME. La troisième phase peut aller jusqu’à l’accompagnement d’un projet de transformation : séminaire immersif du comité de direction, acculturation des collaborateurs, idéation et même expérimentation du produit sur le terrain.

Les services sont à la carte. Il est important pour nous que le coût ne soit pas un frein à la découverte et au déploiement de solutions qui permettent aux entreprises de croître. C’est donc avant tout un investissement pour gagner des marchés et en efficacité.

Tous les secteurs économiques sont-ils concernés ?

Jean-Luc Chauvin. De très nombreux domaines sont affectés. Mais, en fonction des communes de notre territoire, nous avons identifié six filières principales : le maritime, la santé qui englobe la Silver Economie, les industries créatives, l’aéronautique, l’énergie et l’environnement, et enfin le tourisme qui comprend aussi bien la culture, le commerce, le transport ou le sport. Tous ces secteurs peuvent dès à présent accéder à des applications concrètes à base d’intelligence artificielle. Nous n’en sommes encore qu’au début de ce projet, mais les résultats sont bons. Et cela s’accélèrera certainement à partir de la rentrée jusqu’à la fin de l’année.


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