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New York : 1ère ville étrangère à décrocher le label French Tech

Gaelle_OTTAN-article

Gaëlle Ottan fondatrice de Myexperteam

New York est-elle devenue la Valley des Français ?

New York est LA scène Tech Française qui monte à l’étranger. Si San Francisco semblait jusqu’ici être le graal des entrepreneurs du monde entier, il semblerait que la « Silicon Alley » n’ait pas dit son dernier mot. Et non seulement les start-up françaises semblent particulièrement s’y intéresser mais elles y sont très bien accueillies. Nos compétences et notre savoir-faire sont reconnus et des marchés nous ouvrent leurs portes. Plus de 150 d’entre elles ont sauté le pas et ont décidé de s’y implanter, particulièrement ces dernières années.

Alors pourquoi New York est-elle devenue la nouvelle terre promise des start-up et en particulier des Français ?

L’idée d’aller croquer la grosse Pomme a commencé à me démanger le matin où je rencontre Fréderic Salles, le fondateur de la start-up Montpelliéraine Matooma qui me dit que suite à un business trip à New York, ils ont décidé d’y lancer leur bureau américain. « L’énergie est incroyable, on a l’impression que là bas tout est possible. Ici si tu es ambitieux et si tu claques beaucoup d’argent, on te dit que tu es fou et que tu vas te planter. Là-bas on t’encourage à mettre le paquet pour t’imposer comme le leader ! » me confit-il.

L’ancien maire, Bloomberg a construit le « made in New York » et a quasiment inventé la « Tech Scene ». Ma curiosité start-up est piquée au vif, et je décide de m’y envoler pour rencontrer l’écosystème français qui me donnera l’inspiration pour 1001startups et pour Myexperteam.

Aucun doute, pour les start-up qui souhaitent s’implanter en Amérique, New York semble être un choix judicieux pour sa praticité ! 7 h d’avion, 6h de décalage horaire, cela permet de travailler quotidiennement avec la France et de pouvoir s’y rendre souvent. Ce qui est indispensable lorsque l’on a une partie de ses équipes en France !

La « Silicon Alley » se situe, entre autres, dans le quartier de Flat Iron, en plein coeur de Manhattan. Une nouvelle génération de start-up y profite des talents typiquement new-yorkais dans la publicité, le design, la finance et le marketing. Et les Français y sont très reconnus.

Grand classique des communautés d’expatriés, la solidarité y est de mise : le sentiment national est beaucoup plus affirmé à l’étranger et l’entraide entre co-citoyens est beaucoup plus forte. Ca tombe bien car le réseau est un véritable atout à New York. Moins concurrentiel, plus petit et concentré que la Sillicon Valley, les contacts sont plus faciles à nouer et à entretenir : 80% des start-up sont situées dans un rayon de 1km².

De plus, les opportunités que l’on peut rencontrer à New York sont énormes, notamment grâce au réseau local, soutenu par les nombreux évènements et les accélérateurs renommés.

« En France grâce à notre accélérateur, on avait les meilleurs mentors Français, mais ici à Techstars on a les meilleurs experts et mentors au monde ! Les plus grands entrepreneurs, les plus gros fonds, les meilleurs experts ! C’est ça le réel accélérateur, c’est le réseau mondial ».

Pour évaluer l’opportunité de s’implanter dans la Grosse Pomme, l’une des premières étapes est de développer son réseau et d’évaluer la concurrence sur place via des salons comme le célèbre TechCrunch Disrupt, ou la très Frenchie « FrenchTouch Conférence » qui aura lieu à la fin du mois de Juin. Les opportunités de lever plus de fonds sont également un argument de poids. En effet, c’est près de 4,5 milliard de dollars qui ont été levés à New York en 2014, soit une croissance de +500% par rapport à 2009. Les levées sont donc plus conséquentes (mais pas toujours plus faciles !) et sont rarement en dessous du million.

Et la ville ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, elle met le paquet pour attirer les entreprises de la Tech, qui représentent aujourd’hui le deuxième secteur d’emplois après la finance. Ainsi, New York intensifie sa mutation start-up et compte près de 6600 start-up, 75 incubateurs, 55 espaces de co-working, et recense près de 800 évènements par an ! La « Silicon Alley », qui a émergé tardivement dans le paysage high tech est en passe de dépasser de deveneir une référence, elle espère même devancer la Silicon Valley.

Mais alors devons-nous tous sauter dans l’avion pour autant ? Ne vous fiez pas au mirage, le paradis n’existe pas…. Il y a toujours des contreparties, et le coût de la vie est à prendre en compte obligatoirement ! « Si on est à court de cash le retour peut arriver plus vite que prévu et sans avoir concrétisé quoi que ce soit… mais avec les poches bien allégées ».

Par ailleurs, un des sujets les plus sensibles en tant que start-up française est le recrutement. Car malgré les faux semblants de similitude culturelle, la culture américaine est très différente de la culture française. Et cela complique les embauches et le management : « embaucher est très compliqué… les Américains sont excellent pour se vendre, mais après on est souvent déçu par les profils. Alors que les Français se vendent en général assez mal, mais délivrent presque toujours ce qu’ils ont vendu en entretien… »
Ceci expliquant certainement cela, il est vrai qu’à tendre l’oreille, dans les bureaux des start-up françaises à New York, le français semble parfois être la langue officielle….

Alors que #reviensleon lancé par plusieurs startup françaises lance un débat général sur la question de la mobilité internationale des talents, je suis convaincue que le « start-up game » est aujourd’hui mondial. Et si les talents français partent parfois pour vivre des aventures dans de nouvelles cultures et pour vivre de nouveau défis, la culture française et la culture start-up n’en seront qu’enrichies. Les pays émergents regorgent de talents prometteurs, qui parfois ne rêvent que d’une chose, venir travailler en France et à Paris ! Saisissons la chance d’accueillir ces nouveaux talents, la mobilité est une partie intégrante de la nouvelle génération. Alors suivons le mouvement !


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