Les ETI haussent la voix

26 patrons d’ETI racontent le périple de leur entreprise dans le long chemin de la transformation digitale, dans un recueil collectif réalisé à l’initiative du Meti (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), en partenariat avec le cabinet Kéa Partners. Instructif pour tous ceux qui s’interrogent encore sur l’opportunité de se lancer dans le grand bain du numérique.

Le Meti est allé à la rencontre des ETI, championnes du digital, afin de mieux comprendre leur réussite. En novembre 2018, une quarantaine de dirigeants ont été invités à participer à un atelier de co-design, en immersion à TheCamp, un écosystème propice à l’innovation. (DR)

Le Meti est allé à la rencontre des ETI, championnes du digital, afin de mieux comprendre leur réussite. En novembre 2018, une quarantaine de dirigeants ont été invités à participer à un atelier de co-design, en immersion à TheCamp, un écosystème propice à l’innovation. (DR)

 « Cet ouvrage est un constat !, explique d’entrée Pierre-Olivier Brial, directeur général délégué de Manutan. Dans la transformation numérique, on pense d’abord start-up, mais pas ETI… C’est très dommageable ! C’est pourquoi nous avons voulu raconter nos aventures de digitalisation, avec des spécificités peu connues. »

De fait, les ETI se transforment et veulent désormais le faire savoir. Elles créent des emplois en France. Ce sont d’ailleurs les premiers créateurs d’emplois qui se digitalisent. Les ETI ont créé 325 000 emplois nets entre 2009 et 2015, rappelle Pierre-Olivier Brial. Selon l’Insee, c’est la catégorie d’entreprises qui a créé le plus d’emplois et dans les territoires. 78 % des ETI ont leur siège en dehors des grandes métropoles.

Cette mise en lumière est importante pour attirer de nouveaux talents certes, mais aussi vis-à-vis des pouvoirs publics. « Nous voulons leur montrer que l’on bouge. On veut faire passer des messages sur ce qu’est la transformation d’une ETI. Avec le digital, on touche à l’ADN de l’entreprise. On fait du digital pour se projeter dans l’avenir, car il y a aussi du temps long dans le digital. Cette transformation est une aventure humaine, un changement profond de nos modèles économiques, avant d’être une transformation technologique. »

. @po_brial ‏(@manutan ) :  « Dans la transformation numérique, on pense d’abord start-up, mais pas #ETI… C’est très dommageable ! » Cliquez pour tweeter

C’est aussi une transformation des territoires également, insiste-t-il. Et de conseiller à ce sujet, la lecture du livre « Les invisibles de la République » de Salomé Berlioux ou la ruralité contre la Capitale. « Les petits territoires se digitalisent aussi et doivent être dans les politiques publiques !, insiste-t-il. Aussi, ce livre est notre manifeste à nous, conclut-il. Il se veut pratique pour tous nos pairs, patrons d’ETI, mais pour la France aussi. »

Concernant l’étude présentée, elle n’est absolument pas quantitative. « Au contraire, nous avons voulu écouter les dirigeants, entendre ce qui les a motivés, ce qu’ils ont fait, là où ils en sont… », rappellent Claire Gourlier de Kea-Euclyd et François Zoetelief-Tromp de Kea & Partners.

Les exemples sont multisectoriels, que ce soit dans le retail, textile, industrie, pharma… « Ce sont tous des patrons inspirants, champions du digital ! Leur transformation touche tous les aspects dans leur entreprise, que ce soit la relation client, la façon de vendre, les manières de faire, l’organisation… ils ont tout changé dans leur organisation, avec une ampleur inédite en terme de transformation. »

Les ETI, les oubliées de la politique économique française

A le lire, on s’aperçoit que le dirigeant est la clé de voûte des changements. « Son rôle est majeur en termes d’impulsion », reconnaissent les deux auteurs. D’où l’importance que ce patron s’accorde du temps pour aller voir ailleurs, car il y aura bien un avant et un après la numérisation ! « Le digital transforme l’exercice du métier du patron. C’est une vraie prise de risques. »

Pour autant, tous estiment que nous ne sommes qu’au début de quelque chose…. Et qu’il faut continuer. « C’est une boucle, on n’a jamais le sentiment d’y être arrivé, prévient Pierre-Olivier Brial, mais bien de vivre dans un monde augmenté, dans lequel il faut encore accélérer. »

Des clubs d’ETI bientôt partout en France

C’est pourquoi le Meti compte aujourd’hui faire des propositions au gouvernement pour une plus grande visibilité des ETI en France. « Nous voulons être présents dans les consultations en amont, insiste-t-il. Nous avons de nombreux sujets autour du recrutement et de la formation pour permettre à nos collaborateurs de prendre le virage du digital ; nous avons des usines à montrer et à faire visiter au gouvernement… Nous pensons que le plan IA est perfectible pour les ETI…. Il faut  acculturer davantage les entreprises à l’IA… »

Dans la logique du « plus fort ensemble », le Meti a la volonté de créer des Club d’ETI régionaux en Aquitaine, en Alsace… à l’image de ce qui s’est fait en Ile-de-France (65 membres). « C’est important car on crée aussi des liens entre start-up et ETI et l’on veut y accueillir de plus en plus de scale-up… D’ici à deux ans, nous devrions avoir quadriller le territoire. Nous devons créer notre écosystème sans lequel on ne s’en sortira pas. Il y a urgence à créer ces liens partout en France », conclut-il.

L’Odyssée : un périple du héros en six étapes

L’Odyssée : un périple du héros en six étapes

  • 1/ Entendre l’appel : qu’est-ce qui fait que j’y suis allé. Vraie prise de conscience avec un déclic évident.
  • 2/ Lever les doutes pour répondre à l’appel : comment je vais embarquer mes équipes, comment je vais commencer.
  • 3/ Franchir le seuil de non-retour de l’aventure : un cap est fixé, une roadmap posée, des investissements programmés…
  • 4/ S’entourer et s’équiper pour accomplir son dessein : comment je recrute, m’équipe, m’ouvre à des écosystèmes pour mener ma transformation…
  • 5/ Faire face à l’épreuve ultime au moment de vérité : faire face aux difficultés car ce n’est pas un long fleuve tranquille, pièges soulevés, résistance au changement, rythme difficile à tenir…
  • 6/ Atteindre sa quête et revenir dans un monde augmenté.

 

La société Armor, dirigée par Hubert de Boisredon, prix spécial des ETI-PME 2018 par Les Echos

Hubert de Boisredon, Dirigeant, société Armor

Hubert de Boisredon, Dirigeant, Armor

Pour la septième année consécutive, le Prix Spécial des ETI-PME met à l’honneur une entreprise qui s’est particulièrement distinguée sur l’année écoulée (croissance du chiffre d’affaires, innovations, gain de nouveaux marchés…).

Cette année, Armor l’emporte. Cette ETI industrielle est leader mondial des rubans transfert thermique pour l’impression des étiquettes code-barres et des informations variables sur emballages, et fabricant de cartouches d’impression.

Hubert de Boisredon (photo) a conduit depuis 2004 le redressement de cette entreprise industrielle en relançant ses investissements et en déployant son activité à l’international (85 % des ventes hors de France, dont 50 % hors d’Europe). Armor compte 1 900 salariés et un chiffre d’affaires en 2018 de 265 M€.

 

La 1ère cartographie des ETI en Ile-de-France

La 1ère cartographie des ETI en Ile-de-France

Le Club ETI Ile-de-France et la Banque de France ont récemment présenté les résultats d’une première étude conjointe consacrée au rôle des ETI dans l’économie francilienne en 2018 et sur les perspectives pour l’année 2019. Pour réaliser cette monographie, le Club ETI Ile-de-France et le cabinet de conseil Mawenzi Partners se sont appuyés sur la définition de l’Insee : une « ETI » compte entre 250 à 4 999 salariés, dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,5 milliard d’euros, ou de moins de 250 salariés avec des ventes supérieures à 50 millions d’euros. « Au niveau national, les ETI représentent un tiers du chiffre d’affaires et de l’emploi », se félicite Pierre-Olivier Brial, président de ce club.

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Deux études à connaître :


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