Haro sur les dark stores et dark kitchens…

Les villes demandent au gouvernement de pouvoir gérer eux-mêmes leur implantation.

Les dark stores, ces magasins fantômes qui servent pour les livraisons rapides des courses commandées en ligne, ne plaisent pas du tout à certains élus de grandes métropoles. « Quel modèle de ville veut-on pour demain ? », interroge ainsi Cédric Van Styvendael, le maire PS de Villeurbanne sur franceinfo. En cause : la régularisation possible de ces entrepôts connus sous les noms de Gorillas, Flink, Deliveroo, Getir ou encore Gopuff, coupables de fortes nuisances sonores pour les riverains.

Aussi, le 19 août 2022, une dizaine de maires (Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Lille, Besançon, Villeurbanne, Montreuil…) ont écrit à la Première ministre Elisabeth Borne afin de réclamer « que les communes où prospère ce type d’activités disposent des moyens juridiques de les réguler et de lutter efficacement contre toutes les externalités négatives que celles-ci produisent », comme le rappelle dans un tweet Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Mairie de Paris.

Plus grave encore : « Les commerçants de proximité subissent la concurrence déloyale des ventes à perte des quick commerçants (…), tandis que les riverains se plaignent des nuisances sonores et de l’encombrement de l’espace public. Sans oublier les citoyens « consom’acteurs », qui déplorent les dérives d’une économie consumériste et à la tâche », explique Bernard Cohen-Hadad, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Paris Ile-de-France.

Au coeur de la controverse, la définition légale de ces locaux, et donc les contraintes d’urbanisme auxquelles ils sont soumis. Entrepôts logistiques ou lieux de commerces, de restauration ou d’artisanat (à condition de disposer d’un point de collecte pour le public), le débat est relancé !

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L’adjoint parisien Emmanuel Grégoire a dévoilé un projet d’arrêté ministériel contesté qui leur permettrait d’être considérés comme des lieux de commerce ou de restauration, statut qui retirerait aux communes le principal levier actionnable pour réguler de telles implantations…

Du côté de l’exécutif, la réponse n’a pas tardée : ce document serait provisoire et les élus seront consultés à la rentrée. « Je ne crois pas à l’interdiction générale, cela n’aurait aucun sens. Par contre, il faut permettre aux maires, avec les outils juridiques qui sont les leurs, de dire où c’est possible », a réagi le ministre délégué à la Ville et au logement, Olivier Klein.


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