Ask for the Moon parie sur l’intelligence (non) artificielle

Un outil de knowledge management qui va trouver, pour chaque question que se posent vos collaborateurs, une réponse dans la tête d’un collègue.

Ask for the Moon parie sur l’intelligence (non) artificielle

« Posez des questions, vos collègues ont la réponse ». En avril dernier, la rédaction d’Alliancy avait rencontré Clément Dietschy, fondateur d’Ask for the Moon, lors de sa levée de fonds. En ce mois de septembre, nous avons retrouvé la start-up au Hacking de l’Hôtel de ville. L’occasion de faire le point sur l’évolution de ce marché du « Knowledge Management ».

« Ask for the Moon » : avec un nom pareil, il va falloir tenir ses promesses. Pour aider les industriels à améliorer leur performance, la jeune entreprise va chercher la connaissance enfouie dans les têtes de chaque collaborateur. Car « 80% du savoir de votre entreprise est tacite : il est bloqué dans la tête de vos collaborateurs. Qui, par ailleurs, perdent trois heures par jour à chercher des réponses. »

D’où l’intérêt d’apporter un outil de questions-réponses : la plateforme d’Ask for the Moon met en relation le salarié qui a une question, avec les collègues qui pourraient. C’est là qu’intervient l’IA : pour jeter cette passerelle entre les bonnes personnes ou aller chercher directement la réponse lorsque la question a déjà été résolue par le passé. « Ceux qui ont les questions trouvent les réponses. Ceux qui ont les réponses ne se répètent plus. »

Plus l’entreprise est grande et plus son métier est complexe, plus la solution est pertinente. On le voit parmi les premiers clients d’Ask for the Moon, dans des domaines d’activités stratégiques comme le nucléaire, l’aérospatiale ou la défense (Bouygues, Framatome puis Vinci plus récemment).

Hacking de l’Hôtel de ville : 4 000 rendez-vous et une étude

Cette 8e édition du Hacking a comptabilisé 2 000 participants : start-up, grands groupes, institutions, experts sectoriels, investisseurs et organismes d’accompagnement se sont retrouvés sur place, pour 4 000 rendez-vous en deux jours.

Tous ces profils n’ont pas les mêmes cultures et rencontrent parfois des difficultés à se comprendre. Pour les aider à travailler ensemble, les organisateurs du Hacking ont donc publié les résultats d’une étude portant sur les collaborations entre grands groupes et start-up.

Chiffres, conseils et retours d’expérience (Up, Macif, FDJ et Andjaro) > l’étude complète est accessible ici : https://fr.calameo.com/read/006535529c4bda97c4176

Soutenu par deux capitaines d’industrie, Laurent Fiard (Visiativ) et Olivier Brourhant (Mantu), Ask for the Moon a convaincu également Bénédicte Tilloy, ex-DRH SNCF et Ralph Montandon, ex-DG Global Switch, qui sont tous deux devenus DG. « Ask for the Moon est l’outil dont j’aurais aimé disposer quand j’étais DRH », relève Bénédicte Tilloy.

Quelles sont les objections formulées par le marché ? Elles portent essentiellement sur la qualité des réponses, avec la crainte de faire circuler une information erronée. Une préoccupation qui semble infondée, dans la mesure où les répondants s’engagent nommément. « A chaque réponse est associée le nom et la photo du collègue qui vient apporter ses explications, explique Hélène Hémon, directrice Marketing. Et nous proposons un système de validation des réponses par les pairs, façon Wikipédia, mais sans l’illusion d’anonymat. Dans les faits, nous prévenons les réponses fausses en les rendant visibles. »

Dans la même veine, personne ne s’est jamais dit dérangé par une question. « Au contraire, les gens adorent qu’on leur pose des questions ! 97% des répondants à une étude menée par Framatome déclarent ne pas être dérangés quand on leur pose une question », reprend Hélène Hémon. « Le problème serait plutôt de n’avoir pas assez de questions : c’est là qu’on voit toute l’importance du manager et de la culture d’entreprise. Le manager joue un rôle central pour que ses équipes aient envie de s’interroger, de se réinventer. »

Dernier point, le canal écrit. L’orthographe est un marqueur social très fort et la peur de faire des fautes peut empêcher quelqu’un de poser une question. Pour écarter ce risque, il est possible d’enregistrer ses questions ou réponses en vidéo : elles sont transcrites automatiquement. 

Clin d’œil à notre article de la semaine dernière au sujet de l’explosion des notifications et des emails en entreprise : Chez Framatome, le nombre d’emails aux experts a été divisé par deux, indique Hélène Hémon.


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