Télésanté, consumérisation des soins et aide au diagnostic à base d’IA vont se développer rapidement en 2021

Les fortes demandes liées à la crise sanitaire mondiale de 2020 ont accéléré la transformation numérique. Diana Nole, Vice-présidente exécutive et directrice générale de la division Santé de Nuance, estime que si la pandémie parvient à être contenue en 2021, il faudra encore œuvrer à atténuer l’épuisement des soignants, à développer la numérisation du secteur de la santé et à renforcer la résilience financière des établissements.  Trois tendances majeures vont avoir un impact sur la conduite de la transformation dans les années à venir.

La généralisation des services de télésanté

Diana Nole, Vice-présidente exécutive et directrice générale de la division Santé de Nuance

Diana Nole, Vice-présidente exécutive et directrice générale de la division Santé de Nuance

La Covid-19 a eu un effet de levier pour les pratiques de télésanté qui se sont développées à toute vitesse. Celles-ci vont perdurer et se généraliser encore grâce à la facilité d’accès aux soins qu’elles permettent. 2020 a permis une plus grande acceptation de la télésanté par les patients, les soignants, les systèmes de santé et les assureurs. A présent, l’accent va devoir être mis sur l’amélioration de l’expérience numérique des patients et le niveau de satisfaction des soignants.

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Par exemple, comment fonctionne une salle d’attente virtuelle ? Comment les patients échangent-ils avec les infirmières et communiquent-ils leurs antécédents médicaux ? Et comment les soignants peuvent-ils consulter le dossier des patients, prendre des notes et interagir avec des patients distants ? Pour répondre à ces questions, une plus grande intégration des systèmes et un meilleur partage d’information entre les réseaux de soignants et les assureurs santé sont nécessaires afin d’améliorer l’expérience des patients et des soignants.

La consumérisation des soins va s’intensifier, avec de multiples répercussions

Les établissements et organismes de santé vont être amenés à communiquer clairement sur leur “marque” en mettant en avant la compétitivité de leurs services sur un marché de plus en plus orienté consommateur.  Cela implique de s’assurer que les patients vivent des expériences positives, qu’elles soient présentielles ou virtuelles. L’expérience patient englobe la communication avec les équipes de soignants, la programmation des rendez-vous et l’obtention des ordonnances, mais aussi l’accessibilité aux soins par les populations à risque et certaines catégories de patients.  

Les systèmes de santé vont aussi développer des outils IA à utiliser par les patients, comme les chatbots et les assistants virtuels. Ces solutions devraient améliorer l’engagement des patients, surtout pour les soins préventifs et le suivi, de sorte que personne ne sorte des radars.  Cela suppose d’informer les patients, comme dans le cas de la Covid-19, et de permettre le partage efficace des informations médicales entre prestataires de soins quelle que soit la problématique du patient.

Deux priorités seront à observer pour déployer les solutions numériques à destination des patients. Tout d’abord, la sélection de solutions adaptées aux besoins de la population (modalités d’utilisation, disparités économiques et sanitaires, etc.). La seconde priorité portera sur les inquiétudes croissantes concernant la sécurité et la confidentialité des données. Les systèmes de santé vont devoir établir et communiquer des règles et des procédures faciles à mettre en œuvre pour protéger les données des patients et les accès en ligne.  Cela passe nécessairement par des moyens sophistiqués d’identifier et d’authentifier les patients.  

Du point de vue administratif, la résilience financière sera une priorité, aussi bien pour le financement des soignants que le remboursement des patients. Il faudra donc mieux intégrer les systèmes cliniques et administratifs pour faciliter les échanges d’information entre les soignants, les hôpitaux et les assurances santé.  

La disponibilité et l’utilisation accrues des solutions d’aide au diagnostic optimisées par l’IA

La Covid-19 a créé un besoin urgent d’avoir accès à l’information, afin de mieux diagnostiquer, traiter et mettre en œuvre des protocoles cliniques. Cela a donné lieu à un partage sans précédent de connaissances médicales, et cette tendance devrait se confirmer dans toutes les disciplines de santé.  Les fournisseurs IT commercialiseront des outils analytiques optimisés par l’IA permettant de valoriser chaque jour les données cliniques et de recherche disponibles. On assistera aussi à l’adoption de solutions d’aide à la décision clinique à base d’IA en temps réel. Celles-ci permettront d’améliorer la qualité et la rentabilité des soins, avec à la clé une plus grande satisfaction des patients et des soignants, ces derniers ayant moins de tâches administratives à assumer.

Ces trois tendances réunies vont grandement accroître l’innovation dans le secteur de la santé. Comme en témoignent les chiffres des organismes de santé et les investissements que les décideurs du secteur consentent, l’innovation n’est pas qu’un mot à la mode, mais bien le moyen d’opérer la transformation que toute l’industrie de la santé appelle de ses vœux.


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