Imed Boughzala, Titulaire de la chaire Intelligence Digitale d’Institut Mines- Télécom Business School et référent IMT Disrupt'Campus

Imed Boughzala est Professeur en Systèmes d’information et Directeur du département TIM (Technologies, Information & Management, ex-DSI) à Institut Mines-Télécom Business School et référent IMT Disrupt’Campus. Il est aussi titulaire d’un Executive MBA d’IMT-BS et du programme Management and Leadership in Higher Education de la Harvard Graduate School of Education.

Fondateur de l’équipe de recherche SMART BIS (Smart Business Information Systems) et Directeur actuel d’IS Lab, ses recherches actuelles portent sur l’intelligence digitale, la gouvernance des données et la transformation digitale des organisations.

Depuis septembre 2018, il co-pilote l’observatoire de la transformation digitale des établissements du supérieur en management et fait partie du Collège de Labellisation des dispositifs pédagogiques numériques de la FNEGE ( Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises 

Retrouvez les derniers articles de cette chronique :
Voir tous les articles

[Chronique] Intelligence digitale : Civisme digital à l’ère de la pandémie

Confinement ou non, tout citoyen se doit de faire preuve de civisme digital dans l’usage qu’il fait des technologies. Ce civisme est plus qu’essentiel au vu du recours accru du numérique pour le travail, l’éducation, le commerce, la médecine. Il s’agit de s’adapter pour éviter aussi une crise sociale.

Intelligence digitale Civisme digital à l’ère de la pandémieConfinement ou pas confinement, tout citoyen se doit de faire preuve de civisme digital dans l’usage qu’il fait des technologies. Aujourd’hui en France et dans le monde entier à l’ère de la pandémie, ce civisme est plus qu’essentiel au vu du recours accru à ces technologies pour le télétravail, la télé éducation (enseignement en ligne), le télé (e-) commerce, la télémédecine, etc. Il s’agit de s’adapter aux crises sanitaire ou économique et surtout ne pas aggraver la situation par une crise sociale et une crise technologique liées entre autres à l’isolement, la fracture sociale ou digitale ou encore la saturation/indisponibilité des services digitaux.

Sobriété, usages et comportements numériques

Les confinements et les restrictions sanitaires nous ont probablement amenés à quelques incivilités digitales dont nous devons prendre conscience à l’heure où la réussite des élèves et des étudiants pour se former en ligne et l’activité économique de certaines entreprises sont en jeu. Qui n’a jamais envoyé des mails avec des grosses pièces jointes sans utilité, partagé des photos et des vidéos sur les réseaux sociaux juste pour s’occuper, utilisé la visioconférence à tout va alors qu’une simple audio conférence pourrait suffire, regardé Netflix ou joué aux jeux vidéo à la longueur de journée pour passer le temps ?  Bien pire encore, certains poussent l’incivisme plus loin, parfois par ignorance, parfois par volonté de nuire, manipuler ou stresser les populations en diffusant des propos mensongers, polémiques et diffamatoires, en donnant de faux conseils, en lançant ou en relayant des rumeurs/des FakeNews ou des théories complotistes.

A lire aussi : Yves Tyrode (BPCE) : « Le digital joue un rôle complémentaire à celui du conseiller »

citoyen-digitalUne personne ne faisant pas preuve de civisme digital utilise de façon non responsable ces technologies d’une manière consciente ou non.  Faire preuve de civisme digital signifie intégrer une certaine culture et étiquette digitales, être sensible et conscient des problèmes liés à l’e-réputation, l’empreinte carbone des technologies[1], l’obsolescence programmée, la gestion des déchets numériques, la neutralité d’internet, le droit à la déconnexion, le technostress, la désintoxication digitale (Digital detox), la cyber sécurité, la radicalisation des personnes, la souveraineté numérique, etc. Ces éléments définissent le comportement d’un citoyen numérique/digital.

La citoyenneté numérique/digitale est l’un des trois objectifs (en plus de la créativité digitale et l’entrepreneuriat digital) du développement de l’intelligence digitale chez les individus, une capacité d’acquérir, d’interpréter et d’appliquer des connaissances liées aux technologies digitales – des SMAC au DARQ (Distributed ledger, Artificial intelligence, extended Reality & Quantum computing ) – pour les mobiliser de façon efficace, responsable et durable. Le civisme digital représente l’ensemble des attitudes et des comportements qui caractérisent cet usage responsable et éthique.

Le civisme vient du mot latin « civis » qui désigne le « respect du citoyen pour la collectivité dans laquelle il vit ». Dans le cas du civisme digital, il fait référence à « l’utilisation responsable des technologies digitales par le citoyen » (i.e. protection des données privées, respect de l’autre et de la collectivité, utilité de la tâche et rationalisation des usages, mobilisation des applications et sollicitation des serveurs, amortissement et recyclage de l’équipement matériel, pollution numérique…). Il s’acquiert à travers une éducation civique digitale à la citoyenneté ou à l’engagement démocratique dans le domaine numérique.

Qu’est-ce qu’un citoyen digital ?

Les individus qui se présentent comme des citoyens numériques utilisent souvent les technologies digitales de manière intensive pour créer de la valeur pour la société (création et partage de contenu digital, assistance des personnes, commerce digital, continuité d’activité en télétravail, etc.). Par conséquent, pour pourvoir utiliser ces technologies à bon escient, le citoyen doit cultiver son intelligence digitale et doit être sensible et sensibilisé à la sobriété numérique dans son usage par toutes les parties prenantes : famille, école, entreprise, administration, société civile, et état.

A lire aussi : Réseaux sociaux : quelle régulation pour sortir de la haine ?

En effet, lorsqu’on utilise les technologies digitales d’une manière exagérée et non rationalisée. On sollicite énormément les réseaux de télécoms et les satellites, on dépasse parfois la montée en charge supposée des applications pour provoquer la dégradation ou l’indisponibilité des services (e-conferencing, e-learning, e-payment, e-administration, …), on génère aussi énormément de données, qu’il faut stocker quelque part et traiter par une capacité de calcul. Ceci peut provoquer l’augmentation des prix et la rareté du matériel informatique. Cela risque de creuser aussi les inégalités liées au numérique dans la société.

L’entreprise est devenue de nos jours un acteur engagée (dans la RSE) et on attend d’elle également qu’elle adopte ces bonnes pratiques pour un numérique responsable. L’école joue toujours un rôle important dans la formation aux technologies et à l’intelligence digitale et ainsi dans l’éducation civique au numérique.

[1] Source GreenIT “entre 2010 et 2025, le numérique passe ainsi de l’ordre de 2,5 % de l’empreinte de l’humanité à un peu moins de 6 %. La plus forte progression est celle des émissions de gaz à effet de serre qui vont passer de 2,2 % en 2010 à 5,5 % en 2025.”

 


Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

at venenatis, risus. non leo Lorem