Les clés pour développer durablement la « dynamique start-up » en France

À l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui  a ouvert ses portes les 5 et 6 février dernier, Jean-François Figuié, Directeur Associé de Skill First et Jean-François Galloüin, professeur à l’École CentraleSupélec et à l’ESSEC, exposent leur vision de la dynamique startups en France et les clés pour les développer durablement.  

Jean-François Figuié, Directeur Associé de Skill First et Jean-François Galloüin, professeur à l’École CentraleSupélec et à l’ESSEC

Jean-François Figuié, Directeur Associé de Skill First et Jean-François Galloüin, professeur à l’École CentraleSupélec et à l’ESSEC

Emmanuel Macron voulait que la France devienne « en 5 ans la nation des startups ». Un vœu en passe de se réaliser ? Qu’on en juge plutôt : 9 400 startups en activité en France en 2017 selon l’Agence du numérique. Et une forte accélération des créations, au point où on pourrait dénombrer 13 000 startups dans l’Hexagone d’ici deux ans. Ce dynamisme sans précédent se confirme si on regarde du côté des fonds levés. Avec plus de 5 milliards d’euros levés en 2019, la France se place au troisième rang européen, talonnant l’Allemagne (6 milliards) mais encore loin derrière le Royaume-Uni (11,5).  

Aider nos startups à se réaliser en grand 

Si ces résultats sont encourageants, la Startup Nation française a tout de même une faiblesse : le passage à l’échelle.  

Seules 5 licornes sont françaises (Deezer, OVHBlablaCarDoctolib et Meero) parmi les 450 répertoriées par The Global Unicorn Club. On est encore loin de l’objectif des 25, annoncé par le ministre de l’Économie pour 2025. Bien sûr, les licornes constituent le versant médiatisé de la dynamique des startups et on ne doit pas en tirer de généralités. Mais ce phénomène de plafond de verre se retrouve en réalité à toutes les échelles. On peut par exemple noter que très peu de startups issues d’une excubation d’un grand groupe, c’est-à-dire créée par un intrapreneur au sein d’une structure déjà existante, ont connu des réussites probantes.  

Trois leviers doivent être activés pour permettre aux startups de se réaliser en grand. D’abord, faire évoluer notre culture du financement. Ensuite et surtout, démultiplier les efforts de formation (apprentissage tout au long de la vie) et de certification. Enfin, soutenir le développement international. 

Sortir d’une vision restrictive du financement 

Commençons par parler d’argent. En France, les financements pour les opérations de développement ne semblent tout simplement pas être à la hauteur. Sur les 5 milliards d’euros levés, seulement 575 millions y sont consacrés, tandis que l’Allemagne y consacre près de la moitié de ses fonds.  

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Une erreur stratégique qui pénalise les entrepreneurs, obligés de traverser la « vallée de la mort ». Patricia Braun, présidente d’In Extenso l’expliquait déjà en 2017 : « À leur création, les startups connaissent une première année florissante, épaulées par un système français solide favorisant le financement des jeunes entrepreneurs. Mais dès le début de leur deuxième année et jusqu’à leur troisième anniversaire environ, ces jeunes pousses font face à de sérieuses carences en termes de financement disponible ».  

Renforcer, développer et certifier les aptitudes 

« Sans technique, un don n’est rien qu’une sale manie », chantait Georges Brassens. Et cette phrase vaut aussi pour l’entrepreneuriat. Si entreprendre est une énergie intérieure, c’est un projet de vie qui s’éveille, se travaille, se perfectionne ! Et même, cela se certifie. Il existe aujourd’hui pléthore de dispositifs d’accompagnement en ligne ou hors ligne pour y parvenir. Et les formations à la carte, 100% digitales et de haut niveau mettent l’apprentissage à la portée des startuppeurs et des intrapreneurs. Par la formation, on peut limiter les risques d’échec prématuré.  

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Soutenir le développement international dès la création 

Enfin, la taille du marché intérieur français est à la fois un formidable atout pour démarrer, mais un vrai frein pour « penser et agir global » dès la création. Résultat : des startups qui sont parvenues à obtenir de franches positions en France, voire en Europe de l’Ouest, mais qui n’ont jamais véritablement été conçues pour conquérir le monde. Ce qui se révèle finalement problématique sur des marchés mondialisés et des usages uniformes.  

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Il y a eu pendant ces dix dernières années un pari statistique qui présidait aux politiques publiques : l’idée que le foisonnement des startups finirait par permettre à quelques-unes d’atteindre les sommets. La réalité est plus complexe : les startups ont besoin de trouver la même résolution dans le financement, le soutien à la formation de leurs dirigeants et de leurs équipes et l’ambition internationale, tout au long de leurs jeunes années. Encore un effort pour faire advenir la Startup Nation ! 


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